‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 26 sur 225 · OBLIGATION DES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

OBLIGATION DES GÉNÉRAUX

forme authentique de l'aveu du roi de France à la date du 13 novembre 1520 ; elle fut signée et scellée par les deux Généraux de Normandie et de Languedoc, Thomas et Henri Bohicr, et par Semblançay, ce dernier suppléant les deux autres Généraux, son fils Guillaume, Général de Languedoil, et le Général d'Outre-Seine, Jean Hurault, qui était malade (1). Elle fut ensuite envoyée aux marchands. Mais ceux-ci s'en dessaisirent bientôt : contre le versement d'une partie des 20.000 livres sterling, le gouvernement anglais exigea sa remise ; il l'obtint en échange de 3.000 livres sterling que reçut un des marchands nommé Bernard Salviati(2).

Ainsi nantis, Henri VIII et Wolsey ne trouvèrent pas cette pièce suffisante : ils émirent la prétention qu'elle fût rédigée d'une manière différente et accompagnée d'une ratification formelle du roi de France. Vers le milieu d'avril 1521, leur ambassadeur, W. Fitzwilliam, eut une conférence à ce sujet avec l'Amiral, le Grand Maître, Semblançay et les Généraux : on lui objecta qu'il était sans exemple que le roi de France s'engageât avec ses Généraux; en même temps, ceux-ci, qui n'avaient encore presque rien reçu des marchands, déclarèrent qu'ils ne passeraient pas une seconde obligation avant que la première leur eîit été rendue. Fitzwilliam n'en put pas tirer autre chose. On le remit pour une réponse définitive au moment où la Cour serait à Dijon, où elle se rendait (3). Une démarche qu'il tenta quelques jours après auprès de François I^r lui-même n'eut pas un meilleur résultat : le roi lui dit aussi qu'on s'occuperait de l'affaire à Dijon (4). Elle y fut en effet l'objet d'une délibération du Conseil, mais il fut décidé que le roi refuserait d'accorder la ratification sollicitée. Le 27 mai, le Grand Maître, auquel Wolsey avait écrit à ce propos, notifia directement cette décision au Cardinal ; il lui apprit également que Semblançay et les Généraux faisaient de la restitution préalable de l'obligation du 13 novembre 1520 une condition absolue de leur consentement à un nouvel engagement (5).

Passé la fin de mai 1521, nous ne rencontrons plus aucune

(1) Lettre de Bonnivet à Wolsey, ut sup. et traité de l'obligation, du 30 août 1525, Rvmku, xiv, 58.

(3) Fitzwilliam à Wolsey, 22 avril 1521, B. M. nis. Cotton. Calig. D viii, P 30 et Brewer, m. 1245.

(4) Le même au même, 14 mai 1521, B. M. ms. Cotton. Calig. D viii, f" 36 et Brewer, m, 1278.

(5) Le Grand Maitro îi Wolsey, 27 mai 1521, Rec. Of. Brewer, m, 1312. — Fitzwilliam à Wolsey, 29 mai 1521, Rec. Of. Brewer, iii, 1316.

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mention de l'obligation des Généraux ; il est donc vraisemblable que l'affaire ne fut pas poussée plus loin. A la rupture, la situation devait être celle-ci : Henri VIII détenait l'obligation du 13 novembre, par laquelle Semblançay et les Généraux s'étaient engagés à payer à Wolsey et à Héron 462 .000 écus d'or en soixante-six annuités; en outre, il avait encore en sa possession les obligations souscrites à son profit par les Italiens pour les sommes qu'il leur avait déjà fournies, mais il restait débiteur envers eux de 17.000 livres sterling, reliquat des 20.000 livres qu'il devait leur avancer ; enfin , les Généraux avaient des droits à faire valoir contre ces marchands (1) ; des 70.000 écus promis, ceux-ci n'en a3^ant payé que 13.000, qui représentaient sans doute les 3.000 livres sterling à eux remises par Henri VIII, les Généraux étaient encore leurs créanciers pour 57.000 écus.

Une seconde dette était celle dont les habitants de Tournay s'étaient reconnus débiteurs envers le roi d'Angleterre lors de la capitulation de leur ville le 23 septembre 1513 et qu'ils n'avaient pas encore achevé d'acquitter à l'époque de son rachat par la France en octobre 1518. En septembre 1513, en effet, la ville s'était engagée à payer une somme de quatre mille livres tournois par an durant dix ans, soit au total quarante mille livres (2). Ces 4.000 1. furent acquittées régulièrement aux quatre termes de l'année jusqu'au 23 mars 1517; les six termes suivants échus au cours de l'occupation anglaise jusqu'à celui du 23 septembre 1518 ne furent pas versés au trésor anglais, mais leur produit fut affecté à titre d'indemnité « à pluseurs ayant leurs héritaiges démolis pour la construction de la chitadelle » (3) : le total des sommes déboursées par les habitants de Tournay était donc de 20.000 livres ; 20.000 autres livres restaient dues à Henri VIII. En 1518, François l^^' prit cette dette à sa charge : comme la citadelle faisait retour à la France, les Anglais demandèrent sans doute le remboursement des 6.000 livres employées à sa construction et il semble qu'on leur paya comptant la moitié de cette somme; quant à l'autre moitié,

(1) P.J., XXVI et B. N. ms. fr. 10385, f^^ 2 v» et 3 r».

(2) « OulU'e et par dessus l'aide ordinaire de six mil livres tournois que laditte ville a accoustumé de payer chacun an, sera payé audit Seigneur Roy l'espace de dix ans durant et continuelz seulement la somme de quatre mil livres tournois par an aux mesmes termes que se payent lesdittes six mil livres. » Capitulation de Tournay, Ar. Nat. J. 965, 5, 13.

(3) Comptes de Tournay, Rvmer, xiii, 377-378. Le premier terme payé fut, d'après cette pièce, celui du 23 décembre 1513.

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