‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 27 sur 225 · DOUAIRE DE LA REINE MARIE · texte numérisé non relu

DOUAIRE DE LA REINE MARIE

on la joignit aux 20.000 livres encore dues ; la créance de ce prince s'éleva donc à 23.000 livres (1).

Pour en assurer le paiement, François I^i', par lettres patentes en date du premier mai 1519, ordonna la levée à Tournay d'un impôt sur les grains moulus pour les boissons (2). Cette taxe permit d'effectuer le 23 décembre 1519 un premier versement de 1.000 livres et le 25 mars 1520 un second de même somme (3). Mais, le Tournaisis ayant été occupé cette année même par les Impériaux, le paiement de la créance anglaise se trouva suspendu. Il était par conséquent dû 21.000 livres de ce chef.

Le douaire de la reine Marie était une autre source de difficultés. En effet, la reine douairière de France, veuve de Louis XII en 1515 et remariée presque aussitôt à Charles Brandon, duc de Sufîolk, avait gardé des intérêts en France.

Aux termes de sou traité de mariage en date du 17 aoîit 1514, cette princesse devait jouir en cas de survie d'un douaire égal à celui de la reine Anne et aussi des meubles et des joyaux dont il était d'usage que les reines de France jouissent après la mort de leurs maris (4).

Des lettres patentes du 8 octobre 1514 déterminèrent les revenus affectés au douaire, qui furent effectivement ceux qui avaient été attribués au douaire d'Anne et qui composaient de tradition immémoriale la dotation matrimoniale des reines de France (5). Aussi

(1) L'obligation par laquelle le roi de France se reconnut débiteur de 23.000 livres au nom des habitants de Tournay fut passée à la date du 12 janvier 1519. Cf. Traité de l'obligation, du 30 août 1525, Rymer, xiv, 58. — D'ailleurs, nous ne connaissons d'une manière certaine que le chiffre même de cette obligation, qui était de 23.000 livres (cf. Catalogue des actes de François /", n" 1013 et Brewer, m, 795); pour l'expliquer, alors que d'une part les gens de Tournay avaient déjà payé 20.000 livres et que, de l'autre, le remboursement des 6.000 livres dépensées en indemnités d'expropriation eût du porter à 26.000 livres le total de la créance d'Henri VIII, nous avons eu recours à l'hypothèse d'un versement immédiat de 3.000 livres. — Il est dit au traité de l'obligation des deux millions (cf. Rymer, ut. sup.) que le roi de France doit encore la totalité de l'obligation du 12 janvier 1519, soit 23.000 livres : il est cependant certain que les Anglais avaient reçu postérieurement 2.000 livres, ce qui réduisait leur créance à 21.000 livres.

(2) Catalogue des actes de François I", n" 1013, d'après les archives de la ville de Tournay.

(3) Brewer, m, 795. (4) Rymer, xiii, 423-427.

(5) Rymer, xii, 459 et suiv., à rapprocher des lettres portant règlement du douaire d'Anne de Bretagne, à la date du 20 septembre 1498 [Ordon., XXI, 116-119), de celles du 18 septembre 1483, relatives au douaire de la reine Charlotte, veuve de Louis XI, pub. par Pélicier, Essai sur le Gour. d'Anne de Beaujcu, p. 238, et de YHist. du Languedoc (V, 24 et XI, 43), pour le douaire de la veuve de Charles VII, en 1461.

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