‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 28 sur 225 · PENSIONS DE WOLSEY · texte numérisé non relu

PENSIONS DE WOLSEY

n'y eut-il de ce côté aucune difficulté lors du règlement des droits de Marie au décès de Louis XII. La duchesse de Suffolk dut simplement s'occuper de pourvoir à ses risques et périls au recouvrement de ses rentes. Nous savons qu'elle dut faire choix d'un administrateur français avec lequel elle traita : ce fut d'abord Arthus Goufïîer de Boisy, Grand Maître de Franco, auquel succéda à son décès son frère Bonnivet. Ces deux personnages devinrent concessionnaires du douaire au prix d'une redevance annuelle de 55.000 1. t. et sous réserve à la reine-douairière de la faculté de nomination aux offices et aux bénéfices vacants (1). — A partir de 1522,1a guerre mit obstacle aux rentrées de la veuve de Louis XII ; elle cessa dès lors de tirer aucun argent de France.

La seconde partie du traité du 17 août 1514 fut au contraire l'origine d'un long débat entre les deux couronnes. En 1515, le gouvernement français refusa de livrer à la duchesse de Sufïolk les meubles de son défunt époux. Elle s'était mariée, prétendait-on, sous le régime de la Coutume de Paris et celle-ci faisait du paiement des dettes communes la condition dé l'acquisition de ces meubles (2). Marie refusant de prendre ces dettes à sa charge, le Trésor français retint les meubles (3). Comme Henri VIII s'était fait céder par sa sœur tous ses droits sur eux (4), il s'efforça à plusieurs reprises d'en obtenir la restitution ; mais toutes ses représentations furent inutiles. En 1525, l'affaire n'avait pas encore reçu de solution (5).

Passons aux pensions des ministres et seigneurs anglais.

Lors de la restitution de Tournay, Wolsey avait, on se le rappelle, été gratifié d'une pension de 12.000 1. 1. payable par moitié aux deux termes de mai et de novembre (6). Le premier terme acquitté fut celui de mai 1519 et les versements se succédèrent régulièrement jusqu'en mai 1521, où ils cessèrent en même temps que ceux des annuités du million de Londres et des 600.000 écus de Tournay (7).

(1) Bonnivet à Wolsey, 28 octobre 1519, B. N. ms. Moreau 711, P 98 r" et v% et J. Joachim à Robertet, 3 septembre 1525, P. J., xxv.

(2) Art. 116 et 131 de laucienue Coutume remplacés dans la rédaction de 1582 par l'art, unique 238.

(3) Cf. West à Henri VIII, 21 avril 1515, Brewer,ii, 343 et Madame à Brinou, 16 février 1525, P. J., v.

(4) Contrat du 11 mai 1515, B. N. ms. Moreau 710, f" 59 r" et v".

(5) Cf. lettres des ambas. anglais en 1515 et 1516, Brewer, ii, passim, R. de Bapaumc à Madame. 6 novembre 1515, Ar. Nat. J. 965, 1, 12 (dans J. 966), etc.— Voy. aussi le Mémoire de Bréquigny sur la reine Marie, t. xliii, pp. 485-534. des Mcm. Acad. Insc. et Belles-Lettres.

(6) RvNrER, XIII, 610-611.

(7) Ar. Nat. KK. 349, du sixième au dixième compte de Bobier.

TRAITÉ DK VALLADOLID (3 JllLLET 1523

Outre ces 12.000 livres, qui avaient le caractère d'une indemnité légitime, le Cardinal recevait de la libéralité du roi de France et à titre purement gracieux une seconde pension. Celle-ci ne resta pas 1 ou jours fixée au même taux : après le premier traité de Londres en 1514, elle était de 1.750 1. t. (1) ; mais, à dater de mai 1516, elle fut portée à 2.800 1. t. (2). Avec lui, plusieurs autres grands personnages d'Angleterre recevaient aussi de l'argent de France : le duc Charles de Somerset avait une pension de 3.500 1. 1., les ducs de Suffolk, de Norfolk et lord Talbot de 1.750, l'évêque de Winchester de 1.050, l'écuyer Thomas Lovel de 830, le premier valet de chambre W. Compton de 700, le secrétaire Meautis de 175 (3).

Ajoutons que, pour ces pensions, les écus au soleil avec lesquels on les payait étaient comptés à l'ancien cours, c'est-à-dire à 36 sous et 3 deniers tournois (4), tandis qu'on les comptait 38 sous au roi d'Angleterre et queleur cours légal en France était de 40 sous : c'était autant de gagné pour les pensionnaires.

Est-il besoin de dire que le service de ces libéralités fut interrompu à partir de mai 1521, comme celui des annuités dues à Henri VIII?

Il est temps de revenir à l'exposé des faits militaires ou diplomatiques qui suivirent la déclaration de guerre de mai 1522 ; ceux d'entre eux qui nous paraîtront de nature à jeter quelque lumière sur l'histoire des négociations de 1524-1525 nous retiendront seuls.

Tandis que Cheyney exécutait à Lyon les ordres belliqueux de son souverain, l'Empereur, qui passait des Flandres en Espagne, s'était arrêté sur son chemin en Angleterre et était allé confirmer à Windsor les conventions de Bruges. Un plan d'invasion de la France avait été définitivement arrêté et sa mise à exécution fixée au mois de mai 1524 (5). — Peu après, par le traité de Valladolid, du 2 juillet 1523, on décida de différer cette invasion jusqu'au

(1) Ar. Nat. KK. 349, premier et secoud comptes de Faure.

(2) Ici, du troisième compte de Faure au dixième de Boliier.

(3) kl, tous les comptes. — En mai 1521, le marquis de Somerset fut joint à la liste des pensionnaires : on lui paya 1.000 1. t. pour ce terme, ce qui faisait une pension de 2.000 1. t. Bien que les comptes du KK. 349 restent muets sur l'origine des fortes pensions attribuées aux Somerset, il est assez vraisemblable que celles-ci n'étaient pas, comme les autres, de simples libéralités de François 1"; leur importance parait indiquer qu'elles avaient une autre cause, sans doute quelque règlement intervenu à propos de cette , obligation du 7 mars 1445 dont nous avons parlé plus haut.

(4) Cf. premier compte de Faure et huitième de Bohier.

(5) Herbert, 126-8, et Busch, Cardinal Wolscy, 11-13.

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