MISSION DE JEAN BRINON (DECEMBRE
de blocus et d'un assaut infructueux, il avait été contraint de lever le siège de la place et d'évacuer précipitamment la Provence par la route de la Corniche, tandis que François I"'', sans s'attarder à le poursuivre, pénétrait en Italie par la vallée de la Durance et se rendait maître du Milanais à peu près dégarni de troupes.
Ici se place, ainsi que nous l'avons marqué plus haut, le véritable commencement de la seconde Régence de Louise de Savoie. Son fils au delà des Monts, la direction de la politique extérieure du Royaume à l'égard des Etats d'en deçà les Alpes, et particulièrement celle des négociations en train avec l'Angleterre, appartint presque sans contrôle à Madame. Assurément, elle tint le Roi au courant de ses moindres démarches ; souvent môme, pour peu qu'il s'agît d'une résolution de quelque importance, elle lui en référa avant de rien tenter. Il n'en est pas moins certain que désormais l'initiative de toutes les mesures vint d'elle et de ses Conseillers ; à elle et à eux, il faut en rapporter l'honneur ou en laisser la responsabilité.
Les succès des armes françaises paraissent avoir exercé une influence décisive sur la marche des négociations de Londres. A cette époque^ en efïet, certaines ouvertures furent faites par Wolsey à J. Joachim. Elles étaient telles qu'après en avoir été informée et les avoir communiquées à son fils. Madame jugea bon d'adjoindre à son Maître d'hôtel un nouveau mandataire, le président de Rouen, Jean Brinon, qui partit pour l'Angleterre « avec ample et souffisant pouvoir pour cappituler avec le Cardinal (1) )).
Dans ce choix, on reconnaît la main de la Régente. Premier président de ses Grands Jours et Conseil en même temps que président de Rouen, Brinon était par excellence l'homme de Madame. Mis par elle à la tête de la Cour suprême de son domaine particulier, nul n'approchait plus près d'elle que lui ; toujours attaché à sa personne, il l'avait suivie à Lyon où elle s'était installée depuis le départ du Roi pour l'armée. Par Tenvoi à Londres de ce serviteur dévoué, Louise achevait de faire sienne la négociation qu'elle avait jusque-là couverte de son nom.
Voici, d'après les instructions de Jean Brinon, quelles étaient alors les dispositions du gouvernement anglais.
Il semble qu'Henri VIII et le Cardinal demandaient encore des cessions territoriales (2), mais peut-être n'y insistaient-ils que faible- Ci) Instructions de Brinon, P. J., ii.
(2) Instructions de Brinon, loc. cit..