PRÉTENTIONS DES ANGLAIS (DECEMBRE
ment et laissaient-ils espérer qu'ils consentiraient à transiger sur ce point. — Quant aux clauses pécuniaires, ils acceptaient de traiter sur la base des anciennes conventions; mais les arrérages non payés pendant la guerre seraient acquittés immédiatement et le mode de paiement des annuités changé ; désormais, les versements s'élèveraient à cent mille écus, au lieu de cent cinquante mille francs, et ils seraient continués durant toute la vie du roi d'Angleterre, quand bien même la dette serait achevée d'éteindre auparavant ; si Henri mourait avant l'entier paiement, le chiffre de l'annuité redescendrait à 150.000 francs et les sommes encore exigibles seraient versées entre les mains de ses successeurs conformément aux conditions observées avant la guerre (1). — Enfin, l'engagement qu'avait pris Henri VIII de ne pas s'accorder sans Charles-Quint avec François 1er ne permettrait point de conclure aussitôt un traité de paix en forme solennelle : on se contenterait de convenir des conditions ; cela fait, Madame s'obligerait par une « cédulle signée de sa main » à les faire agréer de son fils. Wolsey enverrait alors vers l'Empereur et lui demanderait l'autorisation de « faire tresves durant lesquelles se fut esvertué de faire paix, amytyé, alliance et confédéracion entre iceluy esleu en Empereur et le Roy » ; au cas où Charles-Quint refuserait d'accéder à cette proposition, Henri VIII, dégagé, l'abandonnerait et traiterait définitivement avec la France (2).
Ce dernier point doit être remarqué : il montre qu'outre leur désir de mettre fin à la guerre qu'ils soutenaient contre François 1er et aux dépenses qu'elle entraînait, le roi d'Angleterre et son ministre étaient guidés par un autre mobile, par l'espoir de devenir les médiateurs et les arbitres de la paix générale ; c'était là, on le sait, un des desseins principaux de leur politique ; nous ne tarderons pas à les voir faire de nouveaux efforts pour le réaliser.
(1) Id., tbid.— Il était sans doute déjà convenu que les termes arriérés du douaire de la reine iVIarie et de la pension du Cardinal seraient intégralement payés. Cf. Instructions, in fine.
(2) Id., ibld.
CHAPITKE II