G8 OUVERTURES FAITES A PRAET
longtemps cachée, en profitèrent pour entreprendre de le remplacer et de devenir les arbitres de la paix (1). Ils commencèrent bientôt des démarches en ce sens. A l'occasion des l'êtes de Noël, Henri VIII avait invité tous les ambassadeurs à Greenwich, A la visite que lui firent Praet et le Nonce à leur arrivée, Wolsey dit à l'ambassadeur impérial que le Pape, s'étant rangé du parti des Français, ne pouvait plus négocier la trêve ; mais, ajouta-t-il, il y avait un moA'en qui permettrait d'aboutir à un arrangement, c'était que les places du Milanais fussent mises en dépôt entre les mains du roi d'Angleterre; il n'était pas douteux que François pr ne se prêtât de bonne grâce à ce compromis. Praet, qui se doutait du dessein du Cardinal, mais qui ne voulait point le mécontenter, le prit à part et lui déclara que si l'Empereur se voyait jamais obligé d'abandonner le Milanais, il préférerait assurément le remettre à Henri VI.II plutôt qu'au Souverain Pontife; mais c'était là un acte qui lui aliénerait complètement ce dernier et qui, en outre, porterait la plus grave réputation à son honneur de Souverain. — Lorsque les deux ambassadeurs passèrent chez le Roi, celui-ci leur parla aussi du changement du Pape et du séquestre de la Lombardie, mais il évita de se montrer désireux d'en accepter la charge ; tout au contraire, il dit que si l'Empereur et le roi de France se mettaient d'accord sur ce point, il ne voudrait pas, pour sa part, y consentir; s'il s'y voyait contraint, ce ne serait qu'à la condition
garant, mais quelui-même (p. 63) ne signa son traité avec le Roi que le 5 janvier. Il appuie cette date sur le témoignage de Sessa (Berg., 708), contredit d'ailleurs dans Brown (iii,909), où est indiqué le 4. 11 ajoute dans sa note 1 que MiGNET (il, 23) a confondu le traité vénitien du 12 avec le traité papal du 5. N'est-ce pas plutôt M. Busch lui-même qui se trompe, faute d'avoir coiuiu le traité du 12 et aussi une lettre du comte de Carpi du 13 décembre, que M. Mignet avait consultée aux Arch. Nat. ( J 964, n" 21 ) et qui semble bien lui donner raison ? — Quoi qu'il en soit, Clément VII, qui avait d'abord voulu faire partir l'archevêque de Capoue pour l'Angleterre, afin d'engager Henri VIII à la paix, et qui y avait renoncé à cause du peu de confiance qu'avaient les Français dans ce diplomate, ne dépêcha qu'en janvier 1525 le protonotaire J. Casai avec la mission d'informer le gouvernement anglais de sa résolution. Cf. Giberti au Légat, 6 janvier 1525, Desjardins, ii, p. 814 ; A. Foglietta au même, 6 janvier, ibicL, p. 815 ; Clerk à Wolsey, 7 janvier, Rec. Of. Brewer, iv, 1002. — Toutefois, le changement de politique du Pape fut connu bien avant cette notification officielle : la preuve en est dans le langage que tinrent Henri VIII et Wolsey à Praet lors des fêtes de Noël. Cf. Praet à Charles V, 3 janvier, Gavangos, m, 1.
(1) L'amVjassadeur impérial Praet avait depuis longtemps découvert leurs visées. Cf. sa lettre du 3 janvier à Charles V, ut sup.