‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 38 sur 225 · PRAET ET WOLSEY · texte numérisé non relu

PRAET ET WOLSEY

de n'en pas supporter les dépenses. Prael lui répondit comme au Cardinal ; il finil en le priant de négocier la trêve de telle façon qu'on n'eût pas besoin de recourir à cet expédient et que son maître pût conserver tout le duché ou du moins que lui et le roi de France restassent respectivement eu possession du territoire occupé par leurs troupes. C'était une nouvelle défaite. Wolsey sentit qu'il ne gagnerait rien; sans insister davantage, il s'empressa de reconnaître qu'il avait fait cette ouverture sans y bien réfléchir, mais qu'il examinerait l'affaire plus à fond et en conférerait de nouveau avec lui à son retour à Londres. — Toutefois, au cours de la conversation qui suivit, le Roi et son ministre revinrent sur la question du Milanais: ils exprimèrent à Praet leurs regrets de voir l'Empereur aussi attaché qu'il l'était à la possession de ce duché, près de tout risquer et de tout perdre plutôt que de céder sur ce point. Praet excusa son maître de son mieux, puis, changeant de sujet, il en vint à parler de l'ambassadeur français dont on attendait la venue incessamment, et s'efïorça de dissuader Henri VIII de le recevoir. Celui-ci répliqua aussitôt que Charles ne pouvait lui adresser de reproches raisonnables à ce propos, car il était probable que le roi de France ferait sous sa médiation des propositions plus avantageuses que celles qu'il avait faites sous celle du Pape ; Praet, voyant que des instances plus longues ne seraient d'aucun eflfet, ne répondit point et se retira (1).

Quelques jours après, l'ambassadeur reçut une lettre de l'Empereur datée du 20 octobre, où son maître lui enjoignait de faire des représentations au gouvernement anglais sur le séjour prolongé- de J. Joachim à Londres (2). En conséquence, le 12 janvier, il fit part au Cardinal du déplaisir et des soupçons de Charles V. Wolsey répondit par des récriminations : il avait appris, dit-il, que l'Empereur et son chancelier avaient adressé à ce sujet des paroles fort vives au représentant anglais en Espagne, et il en était fort étonné; J. Joachim n'avait que de bonnes intentions et montrait plus de sympathies pour les Impériaux que pour les Français eux-mêmes ; lui-même n'avait jamais eu avec ce dernier que des entretiens d'un caractère tout à fait général, et il en avait plus d'une fois rendu compte à Praet ; le roi d'Angleterre ne s'entendrait jamais avec les Français, qu'ils n'accordassent toute satisfaction aux droits de l'Empereur et aux siens ; il était bien injuste qu'on le blâmât de garder k sa Cour un intermédiaire

(1) Praet à Charles V, 3 janvier 1525, Gayanoos, ut .<t(/).

(2) Praet à Charles V, 0 janvier 1525, Gavangos, ni, 2.

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