‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 44 sur 225 · RÉPONSE DE LA REGENTE (FÉVRIER · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE LA REGENTE (FÉVRIER

l'autre, l'arrestation des courriers impériaux était une grave insulte infligée au représentant de l'Empereur, et partant, à l'Empereur lui-même. Le maintien de l'alliance anglo-espagnole en était donc rendu moins aisé, tandis que, par une conséquence nécessaire, un rapprochement avec la France devenait plus désirable.

N'insistons pas davantage sur une hypothèse encore insuffisamment vérifiée. — Voulue ou non, par l'interruption au moins momentanée des relations anglo-espagnoles et par le refroidissement qui en fut la suite, cette affaire eut certainement pour résultat de favoriser le progrès des négociations alors suivies par Madame en Angleterre (1) ; c'est ce qu'il importe le plus d'en retenir.

Néanmoins, l'injure faite à l'ambassadeur impérial n'avait pu entraver l'exécution déjà commencée des projets du gouvernement hispano-flamand. Avant qu'on eût eu connaissance de cet incident à Bruxelles, Madame Marguerite avait fait partir pour l'Angleterre une ambassade flamande composée de M, de Bèvres, du président Laurent et du secrétaire Jean le Sauch. Ces commissaires avaient pour mission de proposer officiellement à Henri VIII et à son ministre le plan d'invasion de la Picardie, dont Praet avait déjà fait les ouvertures au mois de janvier ; ils devaient, en outre, demander une prompte délivrance de la princesse Marie à son futur époux, enfin, discuter certaines questions qui intéressaient tout spécialement le commerce des Pays-Bas et qui étaient relatives à des sauf-conduits accordés par les Anglais à des marchands français (2).

Cependant, la Régente de France avait répondu à ses envoyés. — Après avoir protesté qu'elle avait eu beaucoup de peine à faire condescendre son fils aux conditions qu'avait offertes le président

(1) Les ambassadeurs français furent d'ailleurs informés de toute l'affaire, et ce n'était pas un des moindres griefs de Praet contre le Cardinal. Cf. lettre du 25 février, Gay., m, 20.

(2) Instructions de Madame Marguerite aux commissaires llamauds, 28 janvier, Gay., m, 8.

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