AUDIENCE ROYALE FIXÉE AU 9 MARS
Wolscy et Brinon. La veille étaient arrivés à Londres les commissaires flamands envoyés par la Gouvernante des Pays-Bas. Le 7, ils obtinrent une audience secrète du Roi, qui les « recheut moult benignenient », écouta leurs demandes et les renvoya au Cardinal pour les discuter plus à loisir. Ce dernier les vit donc le lendemain 8 mars ; il eut avec eux une longue conférence, mais qui n'aboutit à aucune entente définitive sur les points contenus dans leurs instructions. En particulier, les commissaires le trouvèrent inébranlable lorsqu'ils tentèrent d'excuser la conduite de Praet. Quant à J. Joachim et au président de Rouen, sur la mission desquels ils étaient chargés de demander des explications, le ministre anglais leur répondit que « jamais n'avoit rien traité avec ledit Joakin ni conclut avec ledit Président, jaçoil qu'il eust plusieurs fois parlé avec lui » ; il ajouta que Brinon avait ofïert « la pension de 50.000 escus et les arrairages avec terres... sans toutes fois désigner quelles terres il voudroit bailler (1) ».
Les propositions apportées par les commissaires de Madame Marguerite n'empêchèrent point Henri et sou ministre de poursuivre leur accord avec la France ; tout au contraire, ils se disposèrent à faire dans cette voie un pas décisif. On se rappelle que le Cardinal avait promis aux ambassadeurs français de communiquer à son maître les propositions qu'ils lui avaient présentées, et de les instruire sans retard du résultat de cette démarche. Soit qu'Henri ait jugé bon d'accepter purement et simplement ces ouvertures, soit qu'il ait espéré obtenir quelques nouvelles concessions, la réponse qu'il fit rendre aux représentants de Madame fut rien moins que défavorable. Brinon et J. Joachim furent informés qu'une audience royale leur serait accordée le jeudi 9 mars. C'était là un fait d'une importance capitale : les ambassadeurs^ qui n'avaient encore eu de rapports qu'avec le ministre, allaient être admis en présence du souverain, jusqu'alors scrupuleusement resté à l'écart des négociations ; cette entrevue découvrirait irrémédiablement Henri VI H, et ce prince ne pourrait plus désormais rejeter sur Wolsey la responsabilité d'une politique qu'il aurait ainsi avouée ; en l'accordant, il manifestait l'intention bien arrêtée de conclure avec la Régente. H était maintenant permis d'espérer que les pourparlers depuis si longtemps poursuivis à Londres auraient bientôt un heureux dénouement (2).
(1) Commissaires à Madame, 9 mars, B. M. Add. ms. 28574, f"' 155 r°à 160 r, et Gay., ui, 33.
(2) Ce n'est pas uue lettre des ambassadeurs français qui nous apprend