PAVIE CONNU A LONDRES (9 MARS
Ce fut le 9 mars au matin que parvint à Londres la nouvelle de la bataille de Pavie, perdue le 28 février par François 1er. Un courrier du duc de Milan l'apporta sur les sept heures au roi d'Angleterre, en même temps que des tonneaux de vin mis en perce et des feux de joie allumés au-devant du logis de l'ambassade flamande annonçaient cet événement au peuple anglais (1).
Dès lors, il ne pouvait plus être question de donner suite à l'audience projetée. Le président de Rouen et J. Joachim se trouvaient déjcà dans Holborn, sur leur chemin pour se rendre au palais du Roi, lorsque le Lord-Chambellan les joignit et leur apprit la défaite et la prise de leur souverain. Sans pousser plus
qu'une audience royale leur fut accordée ; la seule que nous ayons retrouvée est datée du 6 mars, c'est-à-dire antérieure à la réponse du gouvernement anglais. — Les lettres des commissaires flamands n'en parlent pas davantage, mais il n'y a pas à s'étonner qu'ils n'en aient rien su, le premier soin des Anglais ayant dû être de leur en dérober la connaissance. — En revanche, Hall et Macquereau y font tous les deux allusion : le premier écrit que le 9 mars « the président of Roan and Jhon Jakyn wer goyng to the Court, for thei had not yet spoken with the Kyng « (Hall, p. 693); notons que, quelques lignes plus loin, Hall exprime l'opinion suivante, qui était celle des contemporains : « It was thought surely that the Kyng of England would hâve had peace with the Frenche Kyng. » Macquereau donne des renseignements moins précis que Hall et son témoignage est loin d'avoir la même valeur; cependant, comme il vient corroborer sur tous les points les assertions de ce dernier, nous ne croyons pas inutile de le citer également : « A cette heure (le 8 mars), il y avoit une ambassade franchoise qui au pays avoit séjourné chine mois, qui n'avoit riens besoignet avec le Roy d'Angleterre en icelluy temps ; mais il estoit couclud par le conseil du Cardinal que lendemain on debvoit rendre responce à l'ambassade de ce qu'ilz demandoient » (p. 231, liv. vi, chap. 2).
(1) « Ce jourd'hui avons reçu voz lettres du sixiesme de ce mois contenans les grandes et prospères nouvelles d'Itallyie qui en tous endroix excèdent toutes autres que nous eulssent sceu venir et pour lesquelles nous avons rendu loenges à Dieu et fait fere feux de joye devant nostre logiez, fait mettre tonneaux de vin sur bout pour boire à tous venans » (Commissaires à Madame, 9 mars, B. M. Add. ms. 28574, f» 160 r" ,et Gay.,ui,33). — « Thursday the IX daie of Marche at vu of the clocke in the mornyng there came a gentleman in poste from the Lady Margaret» (Hall, p. 692). — Macquereau et la lettre des Commissaires du 9 mars nous apprennent que ce- courrier était celui que le duc de Milan avait envoyé à Madame Marguerite et que celleci avait aussitôt expédié en Angleterre. Voici, d'ailleurs, la suite du récit de ce chroniqueur, qui est curieuse : « Le gentil messagier arrivé où le roy d'Angleterre estoit, envers le minnuict, dit qu'il avoit à parler au roy sans nulz atargementz et qu'il raportoit nouvelle delà les moutz fort joïeusc. Le roy le sceult qui se leva, et vestit sa robe de nuict ; sy appclla le postz,