‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 51 sur 225 · H) RENVOI DES FRANÇAIS (21 MARS · texte numérisé non relu

H) RENVOI DES FRANÇAIS (21 MARS

et de veoir paix eiUre ces princes et inesniement entre mon seigneur et filz et son maistre et que pour rien n'eusse plus ne moins offert qu'ay faict ». Enfin, la lettre s'achevait sur ces fières paroles que l'habileté politique de celle qui les écrivait n'allait pas tarder à justifier : « Et si lu}^ pourrez dire que, là où il ne voudra persévérer en cela, qu'il commauce ; que, grâces à Nostre Seigneur, les affaires de ce Royaulme sont en telle disposition que lesdits ennemys d'icelluy trouveront la force pareille ou plus grande pour leur résister que n'ont fait par cy-devant et argent pour la souldoïer ; et espérons que Dieu, avec noz justes et raisonnables querelles, nous préservera et que malheureté en nostre endroit n'aura toujours cours (1). »

Cette attitude n'était pas pour satisfaire le roi d'Angleterre et le Cardinal. Ils n'entendaient accorder la paix qu'à bon escient et contre des compensations lucratives. Le désintéressement que leur prêchait Madame n'était point leur fait. Ils n'avaient pas coutume de se payer de cette monnaie. A l'amitié qu'ils offraient, il fallait mettre le prix. Sinon, ils préféraient en appeler à la guerre; elle serait peut-être d'un meilleur rapport. — Leurs hésitations cessèrent : ils' signifièrent leur congé aux ambassadeurs français ; ceux-ci durent quitter Londres le 21 mars sous l'escorte du Trésorier de Calais (2).

Jean Brinon ne fut de retour à Paris que onze jours plus tard, le lundi 3 avril (3). Il s'était attardé en Picardie afin d'y organiser la défense. A Montreuil, les munitions et l'artillerie étaient suffisantes, mais les hommes manquaient et il n'y avait point d'argent pour payer les soldats improvisés qu'on y avait levés à la hâte. L'ambassadeur prit des mesures en conséquence ; il pria (( maistre Jehan de Laforest, Receveur de Picardie, de fournir cinq cents livres, ce qu'il feit et s'obligea ledit Brinon de les luy

(1) Madame à Brinon et J. Joachira, mars, ut srip.

(2) Commis, à Madame, 24 mars, utsup., t 178 r" et n" 46. — Hall ne semble pas avoir remarqué le séjour prolongé des ambassadeurs à Londres après la nouvelle de la bataille de Pavie ; il dit simplement qu'ils retournèrent bientôt auprès de Madame, « witbin shorte space returned to the Régent of Frauncc (p. 693) ». Macquereau est mieux renseigné ; son récit ofïre cela de remarquable qu'il y est dit formellement que les Français restèrent à Londres sur l'ordre exprès d'Henri VIII : « Hz conclurent de faire tout trousser et de partir sans parler au roy ; et bien sceult le roy par son Cambrelaing ce que les Franchois avoient eu vollunté de faire, lequel leur fist défense de partir jusques à son retour; tous les ambassadeurs s'en contentèrent très mal, qui depuis se partirent par le cougié du roy »(p. 232).

(3) Bourgeois de Paris, p. 227. "jÇ

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