RENVOI DES FRANÇAIS (21 MARS
rendre en attendant qu'on peust avertir Madame » (1). — De tels actes sont caractéristiques. Ils montrent, en même temps que la décision de Brinon et son zèle pour le bien de l'État, le crédit et l'autorité dont il avait conscience de jouir auprès de la Régente. Pour assumer sans mandat une tâche de ce genre, il fallait qu'il fût assuré d'avance de ne pas être désavoué ; pour être ainsi obéi des officiers royaux, il fallait que ceux-ci fussent persuadés qu'il possédait toute la confiance de Madame.
De Paris, le président de Rouen se rendit à Lyon, d'où Louise de Savoie n'aA'ait pas bougé et qui resta pendant toute la Régence le siège de son gouvernement. Elle l'y retint et il reprit au Conseil la place qu'il avait quittée pour aller en Angleterre (2).
(1) Ar. Nat. Xla 1527, f^ 298 v".
(2) Ar. Nat. X^a 1528. f ' 467 v°; B. M. m^. CoUoii. Calig. D ix, f^ (126) 134 et Brevvek, IV. 1365.
Jacqueton, Louise de Savoie.
CHAPITUK lll
NOUVELLE MISSION DE .lEAN .lOACHIM EN ANGLETERRE
Le départ des ambassadeurs français laissa le champ libre aux commissaires flamands ; il n'est pas de notre sujet de raconter en détail leurs négociations et d'en analyser les phases successives : qu'il nous suffise de dire qu'elles se poursuivirent sans grands résultats jusqu'à la fin de mai (1).
Les rôles avaient changé depuis la victoire des Impériaux: c'était maintenant Wolsey qui insistait sur la nécessité d'une action énergique dans le Nord de la France et d'une invasion angloflamande de la Normandie; à leur tour, les Flamands se* tenaient sur la réserve, ne voulant point s'engager avant de connaître les changements que le succès avait pu apporter dans les intentions de leur gouvernement. Leur attitude resta la même quand ils eurent reçu les ordres de Madame: celle-ci, en effet, conformément aux instructions qui lui parvinrent d'Espagne, leur enjoignit de ne rien conclure au sujet du contingent flamand et de déclarer au Cardinal que cette affaire ne pourrait être décidée que par l'Empereur (2). La mission des commissaires se trouvait terminée : ils prirent, le 20 mai, leur congé d'Henri VI H et s'apprêtèrent à quitter l'Angleterre (3).
Cependant, Henri VIII et Wolsey n'avaient pas attendu jusque
(1) Cf Commissaires à Madame, 10 et 11 mars, B. M. Add. ms. 28574, f" 166 et GxYXNGOS.m, n° 39 ; ici., 16 mars, M72 et ir 43 ; id., 24 et 25 mars, M77 et n- 46 et 48; id., 30 et 31 mars, f- 183, 185 et u- 61 et 62; id., 2 et 3 avril {"' 194, 198 et ii°= 67 et 70 ; id., 7 et 8 avril, f- 204, 205 et n» 73 ; id., 12 avril' f" 207 et u- 75 et 76; id., 20 avril, f" 208 et n- 7^ et 79 ; id., 29 avril, f" 215 et n" 83 ; id., 4 mai, f" 216 et n" 86 ; id., 7 et 8 mai, f^ 220 et u- 89 et 90 ; id., 26 et 27 mai, f° 232 et n»^ 97, 98 et 99.
(2) Cf. Commissaires à Madame, 30 mars, ut .nip.
(3) Cf. Commissaires à Madame, 26 mai, ut sup.