TRÊVE DE MOORE (14 AOUT
existait déjà, il est vrai, une convention de cette sorte que J. Joachim avait conclue avec Wolsey avant l'arrivée du président de Rouen. Mais cette suspension d'armes n'avait point été publiée en Angleterre, et, bien qu'elle l'eût été en France, on l'y avait peu observée; plusieurs vaisseaux anglais avaient été capturés par des corsaires français sur les côtes de Normandie (1). De plus, sa durée n'était que de quarante jours, dont la plus grande partie était déjà écoulée. Il importait donc d'en conclure une nouvelle plus longue et mieux respectée. C'est ce qu'on fit dans une seconde conférence, qui eut lieu le 14 à Moore: l'évêque d'Ely (2) et Thomas More au nom du roi d'Angleterre, J. Brinon et J. Joacliim au nom delà Régente y signèrent une trêve et abstinence de guerre dont la durée fut étendue jusqu'au l^i" décembre 1525. La discussion ne semble pas avoir été longue; il n'y eut de contestations que sur un point et encore les Français ne tardèrent pas à céder : ce fut à propos du dernier article qui donnait au gouvernement anglais la faculté de faire passer en toute liberté par la France ses courriers et ses ambassadeurs (3).
Le lendemain 15 août, la trêve fut promulguée à Moore, et à Londres le 18. Brinon manda au gouverneur de Boulogne d'en faire incessamment la publication sur la frontière. De son côté, le Cardinal donna l'ordre de licencier tous les navires de guerre réunis à Douvres et dépêcha le capitaine de Guînes sur le Continent, afin de congédier « l'extraordinaire de la garnison de Guisnes et du Pont-dc-Nj^euUant » (4).
(1) Une lettre des ambassadeurs français à Wolsey, en date du 19 août nous apprend que les Anglais n'avaient pas mieux observé cette première trêve que les Français (Brewer, iv, 1579).
(2) Nicolas West, évoque d'EIy du 7 octobre 1515 au 28 avril 1533.
(3) Brinon et J. Joachim à Madame, 18 août. P. J., xvi.— Quant h la trêve cf. B. N. ms. Brienne 31, f^ 331 r" à 334 v°.
(4) Id., ibid. — La trêve fut proclamée le 22 août à Calais. « Yesterday, in accomplishing tbe Kinges Grâce comm[aundement] and yours, the abstinence of warr was proclaimed witbin this towne of Calais.» W\ Sandys à Wolsey, 23 août, B. JNI. ms. Cott. Calig. E ii, f» (122) 129 v» et Brewer, iv, 1580. — Quant à la publication en France, on lit dans les Registres consulaires de Lyon (Arch. de Lyon, BB 44, l" 117 v») : v< Le XIIL septembre MV'XXV a esté publiée es carrefiours de ladicte ville la trêve faicte entre ma Dame Régente en France d'une part et le Roy d'Angleterre d'autre jusques au premier jour de janvier prochain. » Le Bourgeois de Paris (p. 259) et Versoris (p. 176) parlent de la publication d'une trêve de trois mois à Paris le 16 septembre; mais il s'agit de la trêve de Tolède du 11 août. N'en serait-il pas de même de la publication faite le 13 à Lyon et ne se serait-il pas glissé une confusion entre les deux trêves dans les Registres consulaires ? Une publication aussi