TRAITÉ DES ÉCOSSAIS
Nous avons vu que l'admission du roi d'Ecosse dans l'accord anglo-français n'avait pas été obtenue sans peine. Les Anglais ne l'avaient accordée que sous certaines conditions contenues dans un instrument à part (1). Il y était dit que la compréhension des Écossais serait considérée comme non avenue si, passé le 25 décembre 1525, le roi d'Ecosse ou un de ses lieutenants faisait une incursion à main armée sur le territoire anglais, ou bien encore si une bande d'Écossais, au nombre de trois cents au moins, ayant commis une agression, les autorités écossaises dûment requises ne se préoccupaient pas de punir cette violation de la paix. A cette convention en était jointe une autre relative au duc d'Albany : elle portait que ni le roi de France, ni Madame, ni personne en leur nom ne permettrait au duc de se rendre en Ecosse durant la minorité du roi ni ne l'aiderait à entreprendre ce voyage (2).
Le 3 novembre, Brinon et J. Joachim écrivirent aux seigneurs du Conseil d'Ecosse pour leur annoncer là conclusion des traités de Moore et leur demander d'y donner leur adhésion dans les quatre mois (3). Ils écrivirent en même temps à l'ambassadeur français en Ecosse, P. de la Garde, seigneur de Saigne, et le prièrent d'agir en ce sens auprès du gouvernement écossais (4). La paix entre l'Ecosse et l'Angleterre fut signée le 15 janvier suivant à Berwick et ratifiée le 12 février par le roi Jacques V (5).
Outre les traités que nous venons d'analyser, l'accord francoanglais comprenait des conventions accessoires passées avec la douairière de France, Marie, duchesse de Sufïolk.
Dès les premières ouvertures faites au gouvernement anglais, la Régente avait offert d'indemniser la duchesse des pertes qu'elle
(1) Rv.MER, XIV, 74 et 75.
(2) Ihid., 76.
(3) B. M. ms. Cott. Calig. D ix, f» (86) 94 et Brewer. iv. 1739.
(4) Même ms., f (79) 87 et ihUL, 1738.
(5) Rymer, XIV, 115.