TRAIT F, DU DOUAI R H
avait éprouvées durant la guerre par l'arrêt mis sur les revenus de son douaire. Nous avons trouvé l'offre de payer les arriérés du douaire dans les Instructions données à Brinon en décembre 1524; il est fort probable que J. Joachim avait déjà dû faire connaître au Cardinal les intentions du gouvernement français à ce sujet. Lorsque ses ambassadeurs revinrent à Londres après Pavie, Madame les chargea de conclure avec le duc de Suft'olk un arrangement relatif au remboursement des termes échus depuis 1522 (1). Les bases de ce traité particulier furent arrêtées pendant les derniers jours des négociations générales et on le signa le 30 août à Moore en môme temps que les autres instruments de l'accord. Il y était stipulé que la somme à laquelle s'élevaient les arriérés du douaire serait acquittée par le Trésor français et que la duchesse en serait payée au moyen d'une annuité de 10.000 écus à la couronne qu'elle recevrait par moitié aux deux termes de mai et de novembre jusqu'à complète libération ; on y ajoutait qu'un premier versement de 5.000 écus serait effectué quarante jours après le 30 août^ c'est-àdire à la même date où il devait être payé 50.000 écus au roi d'Angleterre (2). Au contraire du traité de l'obligation, le traité du douaire ne déterminait pas la valeur des écus au soleil destinés au paiement des termes de 5.000 couronnes, ce qui devait permettre au Trésor français de les compter à la duchesse quarante sous tournois au lieu de 38 (3). En outre, il n'était pas question d'épingles.
Quant à la ferme du douaire, dont il était nécessaire de renouveler le bail, la Régente autorisa J. Joachim à s'en rendre concessionnaire. (( Si vous en povez appoincter et traicter avec monsieur de Suffort et la royne Marie », lui écrivit-elle, « je l'auray très agréable, demeurant l'auctorité et gouvernance dudit douaire au Sénéchal d'Armaignac (4). » En conséquence, cet ambassadeur entra en pourparlers à ce sujet avec les agents du duc de Suffolk. Dans une conférence qui eut lieu le 30 septembre, ceux-ci lui proposèrent de traiter aux mêmes conditions qu'avant la guerre, mais ils demandèrent que le chiffre de la redevance annuelle fût porté à 60.000 livres : c'était là, assuraient-ils, la somme dont leur
(1) Le pouvoir authentique de Madame pour traiter sur le fait du douaire ne fut envoyé à ses ambassadeurs que le 29 août (of. let. des 28 et 29 août. P. J., XVIII et xx), et lorsqu'il arriva en Angleterre, la convention du 30 août était déjà signée. Ce retard ne semble d'ailleurs avoir donné lieu à aucune difficulté de la part des intéressés.
(2) RvMER, XIV, 69 et 70.
(3) Cf. comptes de J. Joachim, B. N., nis. fr. 12158, passim.
(4) Madame aux ambassadeurs, 16 août. Cab. /ii»t.. ii, 140.