PAIEMENT DU PREMIER TERME
ment le roi d'Angleterre s'y opposa dès qu'il en eut connaissance; il déclara « ne vouloir pour riens souffrir le premier payement luy estre faict de ses deniers, disant que ce luy seroit mocquerie (1) ». Force fut donc de trouver l'argent en France. La Régente, qui s'était attachée depuis le désastre de Pavie à remettre les finances en ordre et qui y avait réussi, n'en fut pas embarrassée (2). Dès le 21 septembre, les 50.000 écus étaient prêts (3), et le 25, Robertet écrivait à Brinon que Madame les expédiait « présentement par delà (4) » ; aussi, la première quinzaine d'octobre n'était pas encore écoulée lorsque cette somme parvint à Calais (5).
C'était à Jean Joacliim qu'il appartenait d'eu opérer le versement entre les mains des agents anglais. Par lettres patentes du 6 août. Madame l'avait commis au soin de faire tous les paiements stipulés par. les traités alors négociés entre la France et l'Angle-
dout vous ra'escripvez en face la première advance, vous ne me ferez petit plaisir et service de le conclure et m'en asseurer. » Madame à Brinon et .1. Joachim, 16 août. Cah. liist., n, 146-147.
(1) J. Joachim et Brinon à Madame, 3 septembre, P. J., xxii. Les termes employés par Henri VIII montrent que cette avance consentie par le marchand n'était autre chose que l'escompte de la créance de 17.000 liv. sterling que les Français avaient acquise en endossant l'obligation des Généraux.
(2) Duprat écrivait le 13 octobre au Roi que les Anglais venaient de recevoir 120.000 liv. tourn. et qu'ils en recevraient autant en novembre ; il ajoutait : « Madame mesnage si bien qu'elle a fait pourvoir à tout avec l'ordinaire du Royaume, sans crue ni emprunt/, et se fait payer les charges acoustumez estre percheuz en Testât et beaucop de debtes et parties du passé. » Captivité, 377. — Celte lettre était un peu trop optimiste : la vérité est qu'on augmenta la taille de 1526 de 261.000 livres « pour fournir à la partie qu'il fault payer en ceste année au roy d'Angleterre « et que, sur cette taille portée ainsi de 2.400.000 livres à 2.661.000 livres, on perçut 600.000 livres « par manière d'anticipation, au premier jour de novembre » 1525 ; il est vrai qu'on ne donna pas à cette augmentation le nom de crue et Madame déclara qu'elle n'avait pas voulu en imposer une « pour la pitié et compassion que avons du peuple », mais on leva simplement les 261.000 livres avec le corps même de la taille. Cf. lettres patentes du 10 septembre dans Captioité, 311 à 318, Registre des Élus de Lyonnais, B. N. ms. fr. 2702, f»*^ 113 v° à 121 V" et Remontrances des États de Normandie, P. J., lix.
(3) « Madicte Dame fit bien reguarder ou faict de vos finnanses, de sorte que l'on satisfaict à la partie des Souysses... et pareillement à selle d'Angleterre, qui est toutte preste. » Brinon au Roi, 21 septembre, Capticiti',
(4) Robertet à Brinon et J. Joachim, 25 septembre, Cah. Iiist., ii, 148.
(5) Telle était du moins l'espérance de Robertet, qui écrivait le 16 octobre aux ambassadeurs : « Au regart du premier payement, je tiens qu'il soyt desjà à Calais, comme je croy que vous avez de ceste heure peu savoir. »
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terre (1). En conséquence, M. de Vaulx quitta Londres dans les derniers jours d'octobre, se rendit à Calais et y livra les 50.000 écus aux commissaires du roi d'Angleterre (2).
Il en fut de même du second paiement, qui était celui du terme de novembre et qui comprenait, outre une somme égale à celle versée en octobre, 12.500 écus au soleil dus à Wolsey ; mais on y apporta quelque retard : le neveu de J. Joacliim, Luc d'Ansalde, et le receveur d'Avranches, qui furent chargés d'escorter l'argent à Calais, n'arrivèrent dans cette ville qu'à la fin de décembre (3).
(1) B. N. ms. fr. 12.158, f' 4 r" à 5 r".— <( Mous'' de Vaulx, ayant mémoire et congnoissanGe de voz services passez et de la paiiie que vous avez prise eu la conduicte de ceste paix, je vous ay donné la charge et commission du payement des deniers ordonnez estre paiez par ledit Iraicté de la paix, comme vous verrez par ladii-te commission que je vous envoyé. » Madame à Brinon et J. Joachim, 16 août, ut sup., 146. — Vaulx était chargé uon seulement des paiements à faire au roi d'Angleterre, mais aussi de toutes les autres affaires d'argent à négocier eu Angleterre, des paiements des arriérés du douaire, de ceux des sommes dues à Wolsey, des pensions accordées aux seigneurs anglais, des indemnités allouées aux otages du rachat de Tournay, du recouvrement des obligations des marchands remises par le Cardinal. Enfin, on se rappelle que la Régente l'avait autorisé à traiter avec Suffolk pour le douaire de la reine et qu'il avait pris à ferme la levée des revenus de cette princesse. C'était donc par ses mains que passaient tous les fonds envoyés de France en Angleterre et il en retirait de gros profits, tant à titre de gages ou de dons qu'à titre de commission. Cf. B. N. mss. fr. 12.158, f"* 65 r° à 69 v", 10.385, chap. des Dons et Récompenses et des Gaiges et Tauxacions, et Clair. 1215, f" 63 v".
(2) L. Orio écrit à la date du 22 octobre (jue J. Joachim est parti pour Calais et à celle du 27 qu'il en est revenu (Brown, m, 1141 et 1151). Le 27, .Jonglet annonce de son côté à M""" Marguerite que « Jehan Jocquin est retourné de France puis m ou iiii jours et entends que c'est pour les deniers que l'on a apportés par deçà » (B. M. Add. ms. 28.574, f" 420 r" et Gayangos, m, 241). Le 30 octobre, Brinon écrit que J. Joachim est revenu à Londres le 26 (P. J., xxxiv). — Le mandement de Madame à J. Joachim d'avoir à effectuer ce versement, daté du 30 septembre, est à la B. N. ms. fr. 12.158, f" 7; l'état de ce premier paiement se trouve dans le même ms., du f" 5 v" au f" 7 V; enfin, la quittance d'Henri VIH, datée du 7 octobre, est au f" 30 r", et celle de la reine Marie et du duc de Suffolk, datée du 12 octobre, au f" 31 v".
(3) Pour ce second paiement, les Français avaient espéré, comme pour le premier, pouvoir faire usage de la créance de 17.000 liv. sterl. acquise du chef de l'obligation des Généraux, mais Wolsey déclara que son gouvernement n'en accorderait pas le transport que les ratifications et obligations françaises ne lui eussent été délivrées. Cf. Brinon et J. Joachim à Madame, 30 octobre, P. J., xxxiv. — Ce ne fut pas J. Joachim qui effectua le versement du second terme; car il était alors sur son chemin pour se rendre à Lyon auprès de la Régente; le jeudi 21 déceuibrc, comme il allait en diligence de Boulogne à Paris, il rencontra à Abbcville et à Breteuil son neveu