‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 90 sur 225 · BONNARDOT · texte numérisé non relu

BONNARDOT

(3) Il est à remarquer que les Registres capilulaii'cs, où se trouve rapporté avec soin le refus du 4 octobre, ne parlent en aucune façon des instances postérieures de la ville et surtout de la capitulation linalc du Chapitre. Cf. Ar. Nat. LL 230. pp. 122 et suiv.

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en souflisance » et qu'iiiiisi il seniblail que l'on y diil « mettre fin » ; il exposa ensuite les traités en français « avec les considérations du personnaige envoyé embassadeur en Engleterre, Mons'" le président Brinon, qui est natif de ceste ville de Paris et personnaige de preudhomniye et savoir, tel que chacun scet, qui ne vouldroit le dommaige de la Ville, aussy que ce qu'il en a fait a esté bien et auctorizé par Madame et le Conseil du Roy et vérifïié en la Court de Parlement, qui sont toutes choses pour ester suspicion de mal et dimynucion contre l'onneur et auctorité du Roy et de ceste ville (1) ».

Après ces discours, on recueillit les votes. Cette opération, fort laborieuse à cause du grand nombre des assistants, qui opinaient tout haut les uns après les autres, ne fut achevée ni ce jour-là ni le lendemain l)ien qu'on eût prolongé les séances jusqu'à la nuit. Il fallut tenir une troisième séance le mercredi 22, mais il y eut beaucoup d'absents, et sur l'observation d'un des assistants, l'assemblée reconnut qu'on devrait convoquer de nouveau ces membres négligents et appeler à tour de rôle à l'Hôtel de Ville les délégués des quartiers qui n'avaient pas encore voté (2).

Le procès- verbal officiel gardant sur ces scrutins un silence voulu, les documents font défaut pour coimaître dans leurs détails les débats dont ils furent l'occasion. Le résultat seul est certain, c'est à savoir que « finalement, après gros débat et murmurerie audict Ilostel, les bourgeois et habitans déclarèrent tous qu'ilz n'en feroient rien et que jamais ilz ne s'obligeroient » (3). — En efïet, malgré les officiers royaux. (( qui n'estoient guiéres contant, car ilz estoient contrainctz metu officii ce passer », l'opposition, nous apprend Versoris, ne désarma pas. Elle était menée par la corporation des avocats du Parlement. Le Lirre de Raison de N. Versoris laisse voir quel était l'état d'esprit de ses confrères du Palais. Parlant de l'homologation des traités au Parlement, il l'estime accordée par (( les S''^ de la Cour trop indiscrètement, de ligier et sans raison ». Cette appréciation peu respectueuse fut, on peut l'iiffirmer, celle de l'ordre des avocats tout entier. Ce n'est pas d'hier que date la mauvaise intelligence de la magistrature et du barreau. Au 4 et au 30 octol)re, des avocats s'étaient faits les porte-parole des opposants ; sans aucun doute, ils agirent de même aux assemblées .des 20, 21 et 22 novembre. Ils durent prendre un malin plaisir à

(1) BoNNAi-.DOT. ;îU3-3U4.

(2) Ibid., 304.

(3) Bourgeois de Paris, 267.

LES TIÎAITÉS A PARIS l'^l

montrer (( par vrayo évidence », conmie le rapporte Versoris. « que Mess, de la Court n'estoient que ignares d'avoir tant ligérenient et iniprudemnieut ratifié l'obligation » (1)., L'adjonction du clergé leur avait amené un auxiliaire qui n'était pas à dédaigner en la personne du Grand Pénitencier du diocèse, le clianoine, Jacques Merlin. D'une érudition prodigieuse, auteur de la première collection imprimée des Conciles, éditeur d'Origène, de Durand de Saint- Pourçain, de Richard de Saint-Victor, de Pierre de Blois, Merlin avait en même temps une réputation d'orateur. C'était lui qu'on chargeait d'ordinaire des sermons d'apparat à Notre-Dame, accompagnement obligé des prières publiques ordonnées par le gouvernement (2). Il mit son influence, qui devait être considérable auprès des gens de son état, au service de l'opposition ; il fit chorus avec les avocats et se signala parmi ceux qui opinèrent contre l'obligation. Les opposants se sentaient d'ailleurs en nombre; il paraît que plus de soixante des assistants n'hésitèrent pas à se comj)romettre franchement. Les noms de quatre d'entre eux, dont les déclarations furent sans doute du pire exemple, nous ont été conservés : l'un, Jean de Thamereau, exerçait la profession de notaire au Châtelet, les trois autres, Jean Godefroy, Jean le Riche et Jean de Gasline étaient des marchands (3). — Bref, dès le premier jour, la discussion prit mauvaise tournure ; aussi le lendemain, à l'ouverture de la séance, le Prévôt crut-il devou' prévenir l'assemblée « que l'on eust à fanv silence, en prenant les oppinious des particuliers, meilleure que l'on n'avoit fait le jour d'yer et que le négoce duquel est question se puisse traicter et parachever amyablement, sans aucun murmure, noyse ou irrévérence , mesmement attendu l'assistance qui est grande (4) ». En dépit de cette admonestation, la surexcitation des membres de l'assemblée ne fit que s'accroître les 21 et 22, si bien qu'en désespoir de cause on prit le parti de ne pas achever le dépouillement des votes et de tout laisser là.

On renonça dès lors à s'adresser à ces grandes assises des gens de Paris. Le gouvernement de Madame essaya encore d'obtenir l'obligation, mais ses agents no la demandèrent ([u'aux magistrats municipaux. Le président le 'S'iste réunit les Quarteniers le

(1) Viiusoins, 179-180.

(2) Cf. sur Merlin : du I*in, Ui.<luii-c ilc l'Ktill^c et des AurcKi:-' cci-lc^fa.-'tiques du XVI siècle, iv, 545-546; Boui-gcoifi, 215. 220; Croiiiqdo c/r Frniirois I", 37 ; et surtout les Registres capilulaires de Paris, Andi. N'at. \A. 239, passiin.

(3) Bourgeois du Paria. 317.

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