‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 96 sur 225 · NÉGOCIATIONS SUIVIES PAR MADAMK · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS SUIVIES PAR MADAMK

afin de pouvoir instruire Henri VIII de ses sentiments en même temps que de ceux du duc (1).

Clément VII se montra hésitant (2) ; il se souvenait des révélations intéressées de Wolsey aux commissaires flamands et redoutait que les Anglais, après avoir provoqué ses confidences, en fissent de nouveau leur profit auprès des Impériaux ; ce n<' lui que sur les instances répétées des agents anglais et sur les assurances expresses de n'en rien découvrir aux gens de l'Empereur qu'il consentit à sortir de sa réserve (3). Il finit toutefois par avouer qu'il n'était pas impossible que Charles-Quint écoutât les mauvais conseils de Lannoy et qu'en ce cas, si Henri VIII avait vraiment les intentions que lui prêtait Casai, il serait aisé de trouver des moyens propres atout remettre dans l'ordre ; en ce qui le regardait, ajouta-t-il, son appui ne ferait pas défaut au Roi ; quant aux Vénitiens, ils n'auraient pas de peine à imaginer quelque prétexte pour se dégager des traités qu'ils avaient avec l'Empereur (4).

Cependant, la Régente de France n'était pas restée inactive. — En dépit du traité conclu par le Pape avec les Impériaux et du

(1) Clerk à Wolsey, ut sup., f^ (166) 162 à (168) 164 et a» 1443.

(2) Le Pape avait la plus grande peur des Impériaux et les ambassadeurs anglais, en' tentant auprès de lui cette démarche, ne se faisaient aucune illusion sur ses dispositions : « We doo nott see the Pope nowe in no soche trayn ne disposition Ihat we thynke be will as yett medill withe any newe practise other withe Fraunce or agaynsl France that niaye be in any maner prejuditiall to the Empereur whome he nowe fearithe above aile erthlye thing..; His Holynes is off late fallyn in soclie feare and so discoragyd, incowardyd and wax in so vyll ofï stomach that the world marvelithe theral. » Lettre du 22 juin, f° (165) 161 r" et v".

(3) IcL, Ibkl., f" (168) 164 r" et v".

(4) /(/., ibid., f° (169) 165. — L'ambassadeur impérial à Rome, le duc de Sessa, avait eu connaissance de la mission secrète confiée à Casai avant même que ce dernier fût arrivé dans cette ville; il écrivait à son maître à la date du 19 juin : « Se de cierto que el Cardenal de Ingiaieria licnta (luanto puede porque el Papa entre en nuevas negociaciones y remueve humores. » Et il ajoutait, comme pour marquer le rapport qu'il y avait entre ces tentatives faites par Wolsey en Italie et ses négociations en France : « He enKMidido de buena parte que de los xiui del présente se escrivc de Léon comc de Inghiterra havian pedido a la madré del Hey de Francia que enbiasse un embaxador, el quai es ydo in diligeiicia. » B. AL Add. ms. 28571. f" 261 v. et G.vvANnos, III. 118.

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découragement où seniblai(Mit tombés les Italiens après l'échee du projet de ligue en mars 1525, cette princess(> n'avait jamais cessé d'entretenir des intelligences dans la Péninsule. A son instigation, le duc dépossédé de Milan, Maximilien Sforce, avait dépéché Luc de Charpaigne à son frève François, afin de l'engager à conclure un arrangement avec le gouvernement français : en échange de son alliance, la Régente devait renoncer en sa faveur aux droits de la couronne de France sur le Milanais, lui garantir la possession de ce duché et lui accorder la main d'une princesse française. Des négociations s'étaient alors engagées (1). François Sforce et son chancelier Morone, qui, sur ces entrefaites, étaient entrés en pourparlers avec le Pape par l'intermédiaire du génois Domenico Sauli, homme de confiance du dataire Giberti, et avec les Vénitiens, avaient exigé que Madame se mît en rapports avec les cabinets de Rome et de Venise (2). Bien qu'elle affectât d'abord de s'y montrer assez peu disposée, ce qui n'était qu'une feinte, celle-ci n'avait eu garde de s'y refuser. Elle avait fait savoir au duc qu'elle donnerait à ses agents en Italie des instructions pour négocier avec Clément VII et la seigneurie de Venise (3).

|1) Confess. de Morone dans C. ï. Dandolo, Rk-ordi inethtL.., p. 152. — Le nom du messager de Maximilieu nous est fourni par une phrase de ce document où il est dit qu'en France un marchand du nom de Lucas de Carpanis, le même qui avait été auparavant envoyé à Milan par le duc détrôné, était chargé de correspondre avec François Sforce; ce Luc de Charpaigne était sans doute le frère du trésorier de Rhodes Jean de Charpaigne dont il a été question ci-dessus.

(2) Sur ces négociations, voy. G. Mueller, Docuinenti .., pp. cui-civ et p. 342. pièce clxxvii, lettre du 17 [mai] des Dix à leur ambassadeur à Milan, contenant que les ouvertures faites par Morone d'une ligue à conclure avec le Pape et la France valent qu'on les écoute et qu'on suive l'afiaire, mais dans le plus grand secret.

■ (3) Conf. de Morone, pp. 152 à 158.— Sauli fit au Duc et à son chancelier Morone les mêmes ouvertures que l'envoyé de Maximilien : « Venit ad me prefatus Saulus de jussu Ducis; habere magna mecum communicare dixit narravit- (jue Pontificis et Datarii dispositionem pro stabilimeuto Ducis et pro libertate Italiio et quod etiam Vcneti idem sentiebant et si Dux vellet se cum ipsis unire facile fuisset Ponliflci et Venetis conciliare sibi Régentes in Gallia cl opcrare quod sibi cédèrent et renuntiarent juribus Status Mediolani et fœdus secum facerent et uxorem a sanguine Régis sibi dnrent » (p. 153). L'analogie que présentent ces offres avec celles de Madame semble démontrer que celle-ci avait communiqué au préalable ses intentions au Pape et aux Vénitiens en les priant d'agir de concert avec elle auprès du duc de Milan. — A la suite de ces pourparleis, le secrétaire milanais Robbio fut dépêché à Madame avec la réponse du Duc, Sauli fut renvoyé a Rome pour conférer avec le Dataire et le Pain', ot Morone s'alioucha avec le provéditeur des

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