‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 98 sur 225 · MISSION DE L. TOSCANO ( .1 IJ 1 X · texte numérisé non relu

MISSION DE L. TOSCANO ( .1 IJ 1 X

La résolution de ce dernier ne pouvait être douteuse. Tout se réunissait pour le disposer à écouter favorablement les ouvertures de Madame : l'Empereur avait refusé de ratifier certains articles additionnels au traité que Clément VII avait signé le l°i- avril a^-ec Lannoy et qui ('taient précisément les points de cette convention auxquels le Saint-Père attachait le plus d'importance (1) ; en outre, le récent transfert du roi de France en Espagne avait fort effrayé le Pape. Comme les Vénitiens et les autres États italiens, ce qu'il redoutait le plus, c'était un accord franco-espagnol qui aurait mis Tltalie à la discrétion de l'Empereur et personne n'ignorait que c'était dans le but de décider son rival à un arrangement de ce genre que le roi de France s'était prêté à passer en Espagne. Aussi bien, le départ de François I^r avait jeté l'alarme dans la Péninsule (2). Madame, qui connaissait ces méfiances des Italiens,

ce jour même à Giberti, et ce fut le 27 que les Vénitiens déclarùreut remettre la décision de l'atîaire au Pape, car la lettre par laquelle ils annoncèrent cette décision à leur représentant à Rome portait la date du 27. Cf. Giberti à Baveux, l'''' juillet, ut f<upra, î" 16(i v».

(1) Au traité du l*' avril étaient en effet annexés trois articles additionnels relatifs : 1» aux bénéfices du royaume de Naples, dont la collation devait être laissée au Pape; 2° à la fourniture du sel du duché de Milan, qui devait être assurée aux salines pontificales à l'exclusion de toutes autres ; 3" enfin à la restitution au Saint-Siège de Reggio , de Rubiera et des autres villes que lui avait enlevées le duc de Ferrare. Cf. Guicciardini. 1. xvi, t. II, p. 305. L'empereur ratifia le traité lui-même, mais il dift'éra d'en faire autant pour les articles additionnels; il éleva surtout des difficultés sur la restitution des places usurpées par le duc de Ferrare, qui était ce que le Pape avait le plus à cœur. Ce dernier avait été instruit de ces atermoiements de Charles V dans la seconde quinzaine de juin et il en avait été fort mécontent. Cf. Sessa à Charles V, 19 juin, B. M. Add. ms. 28574, f" 257 et G.wangos, 111,118; Caracciolo au même. 5 juillet. Gavango?, m, 125; et Guicciardini, ut sujira, p. 321.

(2) « Vicerex prœter omnium voluutatem et nullo ex potentatibus ItalifP sciente, regem Gallorum in Hispaniam duxit, quae res et Principem et potentatuum Italise animos raajori suspitione ac etiam indignatione replevit. » Confess. de Morone, p. 159. — Les lettres des agents impériaux en Italie sont unanimes sur ce point : « Al principio que se supo la yda del Visorrey en Espana con la persona del Rey de Francia hizo uno ruido grand...; yendo del momento que es Su Santidad, en aqticl primer golpe estava admirado. » Sessa à Charles ^^ 19 juin, B. M. nt sup., i" 258 v" et Gav., iii, 118. — Sessa ajoute le 12 juillet que depuis le départ du vice-roi, le Pape se montre fort soupc^onneux et fort craintif, /r/., fhiff., f" 279 v et n" 134. — Dès le 11 juin, Ant. de Ley va avait écrit que le transfert du Roi avait troublé toute l'Italie. Gav., m, 112. — Le 5 juillet, Najera dit que le voyage de François on Espagne avait fait une telle impression et donné naissance à de telles méfiances en Italie qu'il convenait de le considérer coninie la sottrcc de toutes

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n'avait pas manqué d'en manifester bien haut son mécontentement et Toscano avait reçu l'ordre de déclarer à Venise et à Rome que ce voyage n'avait été approuvé ni de la Régente ni de son Conseil (1).

Les nouvelles dispositions du Pape se marquèrent par un changement de conseiller. Depuis le traité du l^r avril, la direction de la politique pontificale avait été confiée à l'allemand Nicolas Schomberg, archevêque de Capoue et impérialiste avéré; toutefois, bien que premier ministre avoué, il n'était pas sans avoir à lutter contVe le dataire Giberti, qui appartenait au parti français et qui jouissait d'un grand crédit auprès de son maître (2). L'influence du Dataire devint prépondérante lorsque Clément VII prêta l'oreille aux avances des Anglais et des Français. Ce fut lui qui eut la charge de conduire les négociations destinées à amener la conclusion d'une

les intrigues italiennes. Ibid., 124. — .A. la même date, Caracciolo dit comme Sessa que le Pape en a été très effrayé. — Enfin, le 7 juillet, Leyva écrit que le départ de Lannoy a ému tous les cœurs italiens et que c'est par crainte d'un arrangement franco-espagnol ruineux pour la Péninsule que tous ses princes essaient de former une union défensive. Ibl<J., 128.

(11 Giberti. parlant des offres faites par Madame, ajoute : « Kt questo dopo che sapevano l'andata «Ici Christianissimo in Spagna. quale è stata contra il consiglio et volontà di Sua Excellenza et di tutto il Hegiio. » Eet. du 1"' juillet à Philonardo, ut, sup., V 164 v.

(2) Guichardin trace de ces denx ministres les portraits suivants : « Di questi ministri furono appresso Clémente in somma potenza Nicolo Scombergh, germano, et Giammateo Giberto de Genova. quelle riverito et quasi temuto dal Pontifice, questo gratissimo et molto amato de lui... Fra Nicole, affectionatissimo. per il vincolo délia natione o per qualunciue altro rispetto, al nome di Cesare et per natura fisso nelle opinioni proi)rie., favoriva tanto immoderatamente le cose di Cesare che spesso venne in sospetto al Ponte- Hce..; l'altro non conoscendo in verità ne altro amore ne altro padrone, ma per natura ardente nelle cose sue, sebbéne nel tempo di Leone fusse stato inimico acerrimo de Francesi et fautore délie cose di Cesare, morto Leone, eradiventato tutto l'opposito. » Guicciardini, l.xvi, t. n. p. 340.— Quanta la part prise aux affaires par Capoue et parle Dataire après le traité du l" avril, les lettres de Sessa en rendent un compte très exact : « El Datario no se entremêle en ninguna natura de negocios de Estado ; esta en manos de! arçobispo de Capua que siempre hace buen officio. » Let. du 4 mai. ut supra, i' 218 r" et v" et n° 87. « Los negocios en esta corte van de présente por otro termino que en el pasado ; en lo que toca a Estado, no se empacha otro que el ar<;obispo de Capua de lo menos a lo mas y el Datario solo en lo que haze a su Dataria». Let. du 10 mai, ihid., P* 225 v" et 226 r- et n" 94.— « Todos los negocios de Estado estan en su mano (de Capoue) y el Datario no se empacha en otro que en su Dataria como va escrevi ; pero sobra a quanto ay en la parte de amor que le tiene Su Santidad que me parece qvie vence ai Hlial. » Let. du 19 juin. ihi(/., f" 260 r° et n" 118.

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