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« ils n’achetaient plus de sel, ils ne buvaient plus de vin ». (1) Les fermes tombaïent.
Cependant le Roi et les « meiïlleures têtes de la Cour » donnaient assez vainement (le produit fut d’un million et dema à peine) pour la guerre leur vaisselles d’or et d'argent et «se mettaient en faïence » (2, L’invasion étrangère s’étendait, malgré le carnage désespéré de Malplaquet ; Tournay avait dû se rendre avec sa garnison. 1
« Le malheureux état où était le royaume pendant lannée 1709 ne doit pas facilement s’effacer de la mémoire des hommes » devait écrire plus tard Desmaretz (3). Accablé, angoissé, il réclamait une « prompte paix ». (4). Au lieu de la paix, ce fut la guerre sans merci que lui rapportèrent de Hollande, Rouillé, Torcy après d’inutiles efforts, et ce furent les menaces d’une disgrâce que la Cour lui jeta au travers.
« Le Courtisan inquiet d’être mal payé me désigne un successeur » disait-il à Madame de Maintenon (5) en lui demandant ses conseils. L'Ambassadeur Amelot revenait d’Espagne avec la gloire d'y avoir restauré les finances. Desmaretz se crut «longtemps en l'air » (6). La faveur d’Amelot fut heureusement éphémère. Desmaretz resta en place ; il obtint même la confirmation de
(1) Desmaretz, mémoire au Roi, Août 1709. C. G., T. III. Appendice. (2) Saint Simon, T. XVII, p. 412 et appendice de Boislisle. Desmaretz, pa,
plus qu’en 1695 n’avait d’ailleurs crû à l’utilité de ce sacrifice. Cf. Saint Simons T. XVII, p. 408.
(3) Compte Rendu au Régent.
4) Mémoire au Roi, 26 Août 1709, C. G. IIT, p. 603, 5) C. G., III, Appendice, p. 602.
6) Saint Simon, T. XVIII, p. 88.