‹ La Politique Financière de Nicolas DesmaretzChapitre 14 sur 22 · PRET · texte numérisé non relu

PRET

ET pes

son crédit auprès du Roi : il fut fait Ministre d'Etat (1).

Il ne se séparait plus de « ceux qui étaient dans les plus grands maniements et les mieux instruits dans le commerce de l'argent » (2, Dans l'épuisement général les donneurs d'avis avaient beau jeu : Remettez quelques millions de nouveaux billets en circulation, « puisqu'on n'a pas la paix et qu’il faut des fonds » conseillent-ils (3) avec simplicité et louable optimisme ; ou bien faites masse de tous les effets royaux, unifiez la circulation fiduciaire ; ou bien encore faites jouer en sous-main à la hausse des billets : quelques 300.000 livres y suffiraient et on verrait bientôt les billets regagner 30 ou 40 % de leur valeur (4).

Les partisans de la création d’une Banque reprirent espoir.

Samuel Bernard continuait d'affirmer qu’on ne pouvait « rien faire de mieux pour le bien de l'Etat et les intérêts du Roi ».

Est-ce au moment où on doit redoubler d'efforts pour continuer la Guerre, disaient les inflationnistes (5) promoteurs de la Banque, qu’il convient de diminuer de 72 millions par la suppression des billets de monnaie, Ia masse des finances dans le Royaume »? Il faut, au contraire, « travailler à l’augmenter ». Cette nécessité reconnue, quel moyen meilleur que l'établissement d’une Banque ?

: Soint- Simon, T. XVII, p. 83. Lettre citée à Mme de Maintenou.

Gi, (4) A. N. G. 7, 1622. Voir notamment la proposition Tessandier, qui fut diseutée au Conseil des Finances sur la création F une masse do manœuvre,

L'idée, limitée l’année précédente à la novation des seuls billets de monnaie, s'était enhardie. On proposait maintenant de charger la Banque de l’absorption progressive de tous les efforts royaux discrédités.

Etablie à Paris sur le modèle de celle d'Amsterdam elle serait la « caisse de tous les négociants et gens d’affaires », elle reçevrait « les effets qui seraient à sa satisfaction » et elle les échangerait « contre ses propres billets » elle procurerait au Roi.« de grandes épargnes » puisqu'en effet elle recevrait des assignations qui lui produiraient de l'argent, et qu’elle ne donnerait au public que son crédit, avec lequel il paierait » @).

Comme l’année précédente, Desmaretz semblait favorable, mais, comme l’année précédente, l’opposition se récria hautement. :

Pour les Annisson, les Mesnager, les Chauvin, véhéments représentants des jeunes chambres de commerce et rivaux, près du Pouvoir, du banquier Bernard dont ils redoutaient le succès, c'était folie de vouloir comparer « l'établissement frivole prooposé qui ne recevait et ne donnerait que du papier notoirement discrédité » à une banque comme celle d'Amsterdam ou seules les espèces courantes étaient admises, et encore sous déduction d’une escompte de 4 %. Blâmant l’obstination qu’on montrait aux « choses forcées », ils prédisaient si on établissait la Banque, la cessation totale des relations de confiance entre la capitale, la province et l'étranger, le

(1) Projets de Banque. C. G., T. III, Appendice.

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