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Chamillart se contient moins encore. Il s’anime longuement contre ces Lyonnais « malicieux » contre leur « avidité », leur « esprit de rébellion »... « Il serait bon » dit-il, «s'ils ne reviennent pas plus vite à l’obéissance de supprimer leurs franchises et privilèges ». (1),
N’avaient-ils pas l’audace de vouloir être admis à l’exception établie par une déclaration du 18 Octobre en faveur des provinces frontières, prétendant être plus mêlés qu'élles au commerce étranger et souffrir par suite davantage de l’introduction des billets de monnaie ? (2).
Ils faisaient une obstruction opiniâtre à toute nouvelle ordonnance : Chamillart et Desmaretz, dans une exaspération compréhensible, ne savaient plus que menacer.
Ces difficultés continuelles et toujours plus âpres faisaient un grave péril. Les billets de monnaie ne trouvaient plus preneurs et tout le monde en offrait ; pièce essentielle de la politique de crédit à court terme menée par le Contrôle Général, ils entraînaient dans leur chute tout le « Flottant » d'alors ; s'ils devaient tomber à néant, ce serait la faillite certaine et la capitulation devant ‘les alliés. Car, moins encore qu’au début de Ia guerre, les ressources normales et même les affaires «extraordinaires » ne suffisaient aux dépenses royales.
«'À quelques sommes près tirées d’affaires extraordinaires très ruineuses, de quelques restes d’impositions pas encore engagées..., écrit Forbonnais, (3) la guerre se faisait à crédit. « La guerre se faisait à crédit ». C'était
(3) p. cit. p. 169.
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la vérité, malgré l'effort imposé aux contribuables, malgré le rétablissement de la capitation, malgré lPaccroissement des « dons gratuits » demandés aux pays d'Etat et au Clergé, malgré l'augmentation des recettes, portées de 119 millions en 1683, 112 en 1700, à 145 millions en 1707 (1), c'était la vérité, malgré les 400 millions (2) tirés en sept ans de 1701 à 1708, des affaires extraordinaires, créations de rentes, rentes sur l'Hôtel de Ville; rentes sur le Clergé, créations de nouveaux offices, accroissement du prix de la « Finance » des anciens.
« Pourvu que le paiement fût reculé, tout moyen paraissait avantageux » (3).
L'augmentation des recettes n’était pas réelle ; le service des arrérages des rentes, le paiement des gages des offices les « chargeaient de près de moitié ». Le revenu net, «les parties du Trésor Royal » tombaient ainsi de 112 millions à 60 millions en 1700, de 145 Le. à 82 millions en 1707 (4). |
« La difficulté, la lenteur du recouvrement » empéchaient de payer en leur temps lés assignations tirées sur les revenus disponibles. La pratique « des doubles assignations et fréquentes réassignations » sur une même recette » avait altéré la confiance » (5).
Au bénéfice momentané tiré des affaires extraordinaires, Correspondait une augmentation constante des char-