C. G., T. II appendice p
, (3) Forbonnais II P: 165.
4) GC. G., T. II appendice p 6083.
(5) Mallet Comptes Rendus de l’Adminmistration des Finances du Royaume de France p. 111 et suiv.
ges, sans parler de l’'appauvrissement du public, pressuré par les traïtants chargés de recouvrer ces affaires, sans parler des sommes importantes «remises en dehors » qu'ils coûtaient au Trésor et qui s’élevaient souvent, sous prétexte de commission, et malgré l'intervention expérimentée de Desmaretz, à plus du sixième des fonds obtenus.
De nombreux traités, d’ailleurs, « restaient sans exécution » ou «ne produisaient qu’une faible partie de leurs forfaits ». De sorte que les assignations qu’on n’en avait pas moins tirées sur ces traités « étaient devenues inutiles à ceux qui les avaient reçues pour les dépenses du service » (1).
A défaut de crédit, il'eût fallu la paix. Mais sept années de luttes sévères, deux désastres, Hochstaedt, Ramillies avaient enlevé à Louis XIV le pouvoir de l’imposer. Contre l'Europe, la France ne défendait plus seulement la famille des Bourbons et leur royauté en Espagne ; elle défendait l'intégrité de son territoire. À grand peine, les armées royales faisaient face à l'ennemi sur tant de frontières. /
Les coalisés, maîtres des Pays-Bas, préparaient par la Flandre l'invasion du royaume ; la Provence, Toulon, se dégageaient à peine de l’invasion austro-piémontaise et du bombardement anglo-hollandais. Les Anglais et les Portugais occupaient Barcelone, et le jeune roi Philippe V était incapable de défendre ses Etats sans le secours de la France.
(1) Mallet loc. cit.
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« Les campagnes et les villes étaient dépeuplées, une grande quantité de terres en friche, la plupart des ma: nufactures sans activité, par défaut de bras, par défaut de fonds, par défaut de débit de leurs ouvrages, Ie commerce extérieur annulé par la fermeture des mers, la marine militaire détruite » (1).
« Toutes les richesses du royaume étaient passées, ou dans les pays étrangers, ou entre les mains des partisans qui, après s’être engraissés du sang des peuples, tenaient leurs trésors renfermés, et n’en laissaient sortir qu’autant qu'il leur en fallait pour figurer d’une manière à effacer les premiers seigneurs du royaume et même les Princes. Les troupes n'étaient plus payées depuis longtemps ; les officiers et les soldats manquaient de tout » (2) cn craignait leur désertion et les désordres qui s’en suivent. (3).
« Enfin, tous les papiers royaux, et les sommes considérables qui étaient dues aux différents entrepreneurs pour les années précédentes, avaient causé un si grand discrédit et rendu les espèces si rares, qu’il paraissait impossible de mettre les armées en campagne » (4).
Il était temps pour Chamillart de céder la place au successeur de son choix, s’il ne voulait pas qu’on le choisit sans lui.
Il était temps, pour Louis XIV d'appeler au Contrôle Général celui que l'opinion réclamait, qu’on croyait seul
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5) Lettre de l’Intendant Basville C. &. TRUE (4) Mallet loc. cit.
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capable de sauver la situation : Pesmaretz. Car, chose curieuse, si nul n’ignorait la prépondérance de sa participation aux affaires, nul ne le rendait responsable de leur marche défectueuse, nul ne l’englobait dans la défaveur grandissante de Chamillart. Le témoignage de Déon de Beaumont (1) est significatif à cet égard : « Ce fut en vain que pour ramener le public, Monsieur de Chamillart avait voulu s’appuyer des lumières de Monsieur Desmaretz.… les choses n’en allèrent pas mieux; et sans douter de la droiture et de l’habileté de Monsieur Desmaretz, on crut toujours qu'il ne serait pas assez maître de ses opérations, tant qu’il aurait un supérieur ».
De jour en jour il apparaissait comme le seul homme capable de porter remède à la crise économique, à la crise de confiance, à la crise de Trésorerie, qui paralysait le royaume. L'espoir fondé sur lui triomphait des antipathies et des souvenirs fâcheux. Peu de rivaux lui étaient opposés et assez faiblement ; s'ils avaient comme lui «l'amour de la gloire » (2) aucun n'avait son prestige, ni probablement sa valeur « sa persévérance infatigable dans le travail » (3) «sa grande fécondité d’expédients » (4) et l'héritage était trop dangereux. « Monsieur vous me rendez la vie, et moi je vous donne la mort », (5) lui disait Chamillart. Mais pareille responsabilité n’était pas pour l’empêcher de voir «les cieux ouverts » (6), ni pour fléchir « cette force d’idées et de
4) Op. cit., T. II p. 35.
2) Montyon op cit. p 84.
3), (4) Montyon loc. cit. ,
Bi Annotateur du marquis des Sourches, mémoire T. XI p. 26, (6) Saint Simon T. XV p. 374 et suiv,
ou
caractère » (1) qui l'avait servi constamment aux jours les plus sombres.
« Poulié à force de bras et de besoin$ » (2) par Chamillart, prôné par les autres ministres, par le duc de Bourgogne, qui, si l’on en croît d’Argenson, serait allé en sa faveur jusqu'aux genoux de son grand-père, admis par Madame de Maintenon (elle remit à l’année suivante le soin d'établir Voysier, sa créature) il recueillit enfin au milieu des louanges unanimes (3) la succession dont vingt-cinq années d'attente opiniâtre n'avaient pu le lasser.
al Montyon loc. cit.
(3) Nan Simon loc. cit.
. de Boiïslisle a publié, dans son édition de Saint Si TE unes des nombreuses lettres de félicitations adressées à Dechente - Sn