LES RE
ne l’avait pas détruit. » (1). D’aigu, il était devenu chronique. :
On continuait à ne pas payer les intérêts ou à les payer si irrégulièrement, que mieux eut valu, et Cétait l'avis de quelques-uns, (2), en décider la suppression. Les « certificats d'intérêts » qu’on délivrait, faute d’intérêts véritables, avaient cours légal et alourdissaient d'autant la circulation fiduciaire. L’usure sévissait toujours, malgré l’activité des poursuites menées par d’Argenson (3). Tout le monde spéculait. Les banquiers les mieux accrédités auprès du Trésor, les comptables les plus haut placés donnaient l'exemple d’un agiotage éhonté. Crozat, Trésorier des Etats du Languedoc, faisait ouvertement le quart de ses paiements au Trésor Royal en billets de monnaie, alors qu’il percevait en argent tous les revenus de la province (4).
Les contribuables, dont la misère était grande, demandaient instamment qu’on élevât du quart au tiers la quotité des billets admis au paiement des impôts (5).
Le mal profond : la détresse de l'Etat, les engagements qu’il avait souscrits et dont il ne pouvait s'acquitter les revers militaires (défaite d'Oudenarde, chûte de Lille) les dépenses démesurées (près de 230 millions) (6) dépassant les prévisions de plus de 30 millions, les recettes engagées pour les cinq sixièmes ne produisant pas la