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que l'individualité se démasque en proportion de l'agitation qui le tourmente. Soudain elle éclate sur le visage, dans le geste, dans la parole; elle jaillit des yeux. Un corps chétifet malingre a tait croire à une âme inquiète et timorée, et voilà qu'un héros se révèle; 'son énergie enflamme, sa voix tonne; il commande, et il entraîne tout à sa suite. Une figure nous a paru laide, et nous la voyons s'animer, s'embellir, briller à tous les regards; une autre était belle : une mauvaise passion la traverse, et elle devient repoussante.
Mais ce n'est pas seulement au passage que l'individualité se dévoile. Par ses sentiments intimes, ses agitations intérieures, ses travaux, sa vie entière, elle agit sur le corps d'une manière permanente, et s'y marque enfin en caractères ineffaçables. Mille petites rides, des dépressions et des relèvements, des traits imperceptibles, des lignes étranges, viennent lentement transformer l'expression première du visage. Aussi l'individualité de l'homme mûr est-elle plus facile à reconnaître au seul aspect que celle de l'adolescent.
Si les sens transmettent leurs impressions à l'esprit, l'esprit à son tour agit donc sur eux. L'œil perçoit, et l'esprit en a conscience; il y ainsi entre l'organe et fâme un lien incontestable. De même, l'âme se manifeste dans les yeux et dans l'expression. Quand la pensée éclaire le visage comme un flambeau, quand la volonté se déclare et comme un choc électrique fait tressaillir tout le système nerveux , ne peut-on pas dire que l'âme elle-même révèle une force matérielle?
Enfin, si l'individu se fait surtout reconnaître par ses actes et par ses œuvres, n'y a-t-il pas encore ici intime union du corps et de l'esprit, du visible et de l'invisible?
Le dualisme de l'âme et du corps^ Vaclion et la rcaclion de Vinterne et de l'externe^ de l'esprit et de la matière, se rencontrent donc et dans la race et dans l'individu.