‹ La politique monétaire du BrésilChapitre 28 sur 86 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

RETOUR A l'eMISSION DU TRfiSOR. LOI DE 1 8 66.

Comme si les diflicultes intrinseques de la situation financiere n'etaient pas suffisantes pour troubler la circulation, d'autres embarras egalement graves venaient augmenter les responsabilites des decisions du Gouvernement.

Des 1 864, les hostilites avaient connmence a la Plata, d'abord avec I'Uruguay, puis, une fois cette campagne finie, ce pays pacifie et devenu notre allie, avec le Paraguay, centre lequel fut sigaee' la triple alliance de I'Uruguay, de I'Argentine et du Bresil (traite du I'^'Mai i865). L'emprunt de i865, . £ 5.000.000 portant 5 7o d'interets, emis a 74% 7 immediatement destine. Les depenses immenses que la guerre exigeait ne pouvaient etre soldees qu'en especes metalliques, d'ou un drainage d'ortres important ; sur tous les marches bresiliens, drainage qui allait y provoquer une hausse considerable de ce metal.

D'un autre cote, les garanties donnees au Banco do Brasil, • pendant la crise, pour obtenir soit des avances, soit des ouvertures de credit, et les litres remis en paiement de dettes, avaient du etre acceptes sans trop d'examen, car I'etablissement cherchait de toutes facons a se couvrir de ses debours. Cela avait amene la Banque a constituer son portefeuille avec une proportion excessive, en temps normaux, de papier long, ou meme de titres representant des operations a echeance fort lointaine, operations diflerentes des affaires courantes de credit consenties par n'importe quel institut d'e mission.

Cette diminution dans la possibilite de realiser son portefeuille, associee a I'exces d'emission (meme sans analyser les causes de ce dernier abus), eloignaient la Banque du type classique de I'etablissement destine a rembourser ses billets a vue et en especes. Le cours force, expedient transitoire, s'eternisait, et la situation generale, causee ou, du moins, fortement influencee par I'etat de guerre, ne permettait reellement pas la conversion courante du papier-monnaie. Les besoins des operations de la Triple-Alliance ne cessaient de grandir, et il fallait, coute que coute, y feire hotineur.

Une solution devait etre trouvee, carle budget ordinaire ne pouvait suffice a ces depenses. Recourir a I'emprunt sur un marche etranger eut ete aleatoire et en tout cas fort onereux * Demandet a Pinterieur, Il la Banque notamment, les fonds necessaires, correspondrait a lui conceder un elargissement d'emission et payer des interSts sur les sommes ainsi obtenues par concession legisktivSi Restait une troisieme mcthode : faire directement cet emprunt au public, soit sous la, forme d'uhe emission ^''apolices, soit en emettatit du papier-monnaie officiel . Les deux precedes s'impofeaientj mais des embarras serieux devaient etre elimines avant de pouvoir mettre en cours les billets du Trdsorj a cauSe des privileges legaux de la Banque;

L'aiFaiblissement du portefeuille de celle-ci, la diminution de son encaisse, I'exces de ses bank-notes sur les stipulations statutaires, les besoins du Gouvernemetit, tout se combinait pour suggeirer la solution d'annuler la faculte d'emettre dont jouissait cetinstitut, afin de la reserver au Tfesot seul.

Tel fut le point de depart de la loide 1866 etde la reorganisation de la Banque.

Avant de faire I'expose de cette loi et de la facon dont elle fut mise en pratique, resumons en quelques chifFres les dbnnees economiques du moment oii allait se faire cette nouvelle transformation dans nos lois monetaires.

Les echanges internationaux ne se paralyserent pas par suite des difHcultes interieures ; le change, au contraire, commenca a subir les edets de la guerre, conjugues avec les troubles de la circulation i

Voici les donnees relatives a cette petiode :

ANNfiES

COORS EKTRfiMES DD CHANGE

rSipORTATtONS

EXPORTAtlONS

TOTAL

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