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Diverses ...
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Total par pcriode. .
Fin Octobre 1 890 le capital nominal des entreprises fondees au Bresil depuis I'Independance s'elevait au chilTre fabuleux de 1.982.875:600$, soit, a la parite de 27 pence, 221 millions sterling !. . .
Comme nous I'avons dit, 1891 vit fonder 3i3 nouvelles societes au capital global de i .849.1 56: 9oo$ooo!. . .
Le delire etait arrive au point que I'on ne trouvait plus de nom a donner aux nouvelles entreprises. Tout etait pris, et I'on payait prime pour un titre nouveau, non encore employe.
Le combustible s'amassait pour le grand brasierde 1892. Se retrancher, comme I'ont voulu les defenseurs de la politique financiere du Couvernement Provisoire, derriere Targument que le mal n'etait pas dans les emissions, mais dans leur emploi irreflechi, n'est qu'un faux-fuyant.
L'experience de tous les pays, y compris celle du Bresil a Toccasion des crises anterieures, enseigne qu'a toute expansion inconsideree du credit correspond une periode de jeu, de speculation intense qui ne se liquide qu'apres avoir couvert de decombres les marches oia elle s'est installee. Aucun Gouvernement serieux ne peut alleguer I'ignorance de faits aussi elementaires. Et I'excuse est d'autant moins valable que les indices de crise se multipliaient, par la baisse des changes, par Pexode du metal, par le developpement inconsidere des importations, par I'augmeniation du nombre des laisses en souffrance en douane, par la restriction de I'escompte .
Le tableau suivant le demontre quant au change sur Londres .
Cours extremes
Janvier.
Fevrier.
Mars .
Avril .
Mai. .
Juin. .
Juillet .
Aoflt. .
Septembre Octobre Novembre, Decembre
Moyennes
Cours extremes
Moyennes
Cours extremes
Moyennes
En sus de ces consequences generiques de I'abus d'emission, des particularites se faisaient remarquer au Bresil, a cause de la hate fievreuse mise a utiliser le plus t&t possible les concessions obtenues.
N'ayant pas de bank-notes specialement preparees pour elles, beaucoup de banques durent les demander au Tresor et y faire imprimer les clauses caracteristiques de chaque emission ; ces marques disparaissaient sans trop de travail, de sorte que le remboursement au lieu de se faire a I'institut emetteur eut pu se faire au Tresor.
Le Banco Nadonal, le Banco Emissor da Bahta, le Banco Emissor do Norte, le Banco da Bahia eurent recours a ces billets; de ces banques la premiere seulement echangea sa premiere circulation provisoire contra des billets specialement fabriques pour elle.
Le Banco de Credilo Popular, dans les premiers temps, fit la meme chose avec des billets du Banco dos Estados hmdos do Brasil; ce ne fut que plus tard qu'il fit graver son propre papier. D'un autre c6te, les commandes de billets fiirent faites tellement a la hate, avec si peu de soins, et confiees a des maisons si peu competentes ou serieuses que I'imitation en etait extremement facile; dans de certains cas meme, les memes presses fabriquaient deux series' de billets, I'une remise a la banque et I'autre mise en cours frauduleusement. II en resulta que la fausse-monnaie circulait couramment, et etait difficile a distinguer, a cause des imperfections techniques du billet et de la confusion creee par la multiplicite des series et des types.
Une autre cause de trouble se trouvait dans la difference de garanties des emissions. Les unes etaient remboursables en or; d'autres n'avaient comme gage que des titres de rente ; celles-ci n'avaient pouvoir liberatoire que dans leurs zones respectives; celles-la etaient recues panout. Des banques sous le meme regime mixta voyaient, I'une ses billets acceptes partout ( Credilo Popular, pour son emission sur apolices) , I'aatre son papier-monnaie refuse partout ailleurs que dans sa circonscription.
Un discredit general couvrait ainsi toutes les emissions.
Le Gouvernement essaj'a de porter remede au mal en ordonnant aux banques de substituer dans le delai de six mois les billets emis avec surcharge imprimee (Circulaire officielle, du 2 Aout 1891), mais n' obtint aucun resultat. II dut a plusieurs reprises expliquer aux bureaux de perception quels etaient les billets acceptables dans chaque region (decisions du 21 Octobre 1891, du 26 Avril, du 6 et du 8 Juin, du i5 Juillet 1892). Mais la confusion continuait toujours et creait autour des billets une atmosphere de suspicion comprehensible et meritee.
. D'autres actes de la Dictature aidaient a alourdir la gene du marche, L'aveuglement officiel, rencontre frequente pendant les crises, empechait de juger sainement les phenomenes monetaires, et portait a prendre des mesures ruineuses. Ainsi, les livrets de Caisse d'Epargne virent relever de 5 'I., a 6 °/„ I'interet qui leur etait alloue (decret du 23 Aout 1890). Les emprunts interieurs en papier a 5 °/o furent convertis par decret de 6 Octobre en titres ponant 4 "/„ d'interets payables en or ; cette mesure, seulement explicable par une expectative de hausse de I'or, que rien pourtant ne faisait prevoir, fut des plus ruineuses pour le Tresor, qui ne put la liquider que plusieurs annees plus tard, sous les ministeres Rodrigues Alves (1892- 1895), apres de laborieuses negociations .
La premiere atteinte & I'integralite des depSts de garanties des emissions eut lieu a cette epoque, sous la forme d'application de ces sommes au rachat de I'emprunt interieur, or, de 1889 (decret du 6 Octobre 1890). £ 4.486. 142, 400.000 francs et 4:320$ en monnaie d' or du Bresil furent ainsi retires de ces dep6ts et employes a ce rachat, lequel, neanmoins, et selon les propres termes dont se servit a une autre occasion le ministre qui effectua cette mobilisation, ne representait pas I'or metallique comme base et garantie de r emission.
C'est done bien sur la premiere phase des finances du Gouvernement Provisoire que retombe la responsabiliti; de la debacle qui s'ensuivit ; mais il seraitinjuste de la lui uttribuer exclusivement .
II est certain que les plans arretes en 1890 furent modifies dans leur execution par les ministres qui succederent a Mr. Ray Barbosa, et les modifications furent positivement un desastre. Meme sans cela, la crise deja declaree et en pleine evolution serait arnvee a son apogee, mais, pire ou moins grave, elle eut ete diverse de ce qu'elle fut grace a P intervention du conseiller Tristao de Alencar Araripe et du baron de Lucena, ministres des finances en 1891 .
Pour definir Paction du baron de Lucena, il suffit de dire que ce fut lui qui telegraphia aux agents financiers du Bresil a Londres, N. M. Rothschild & Sons, pour leur demander de faire honneur aux traites du Banco da Republica, en donnant a ces banquiers I'assurance qu'il n'y avail au Bresil, ni crise politique, ni crise financiere, cela six jours apres le coup d'Etat du 3 Novembre, en pleine effervescence de la lutte du Congres National contre le president de la Republique Deodoro da Fonseca.
Ce telegramme lui valut la reponse, severe pour Pamour-propre de Padministration bresilienne, mais profondement juste et meritee : a Nous acceptons votre affirmative « quant a la crise politique ; permettez-nous, toutefois, de d diverger de votre opinion quant a la crise financiere, car « la baisse des changes et la depression des titres bresiliens « revelent une crise tres grave, causee principalement par « la crainte de nouvelles emissions de papier-monnaie, qui « seraient considerees comma extremement prejudicielles au « credit du Bresil et a tout le pays» .
Le conseiller Araripe etait un juriste fourvoye aux finances, dont il ne s'etait jamais occupe ; il fut done un veritable jouet entre les mains des financiers de Pepoque. Telle
est la seule explication admissible des desastres causes par son passage au ministere .
Mr. Ruy Barbosa, ayant trouve ie change au pair, et la hausse de I'or ne depassant pas le cours de 22 a 23 pence, avait eu I'excellente idee de demander les especes monnayees aux impSts qui pouvaient les fournir le plus facilement et a meilleur compte : les imp6ts de douane . Le decret du 10 Mai 1890 avait etabli qu'il serait percu en monnaie d'or 20 % des droits de douane, tant que le change se maintiendrait entre 20 et 24 pence, et lo'/o, a peine, tant que les cours oscilleraient entre 24 et 27 pence.
Cette mesure avait le tres grand avantage d'eviterau marche de change les a-coups d'une intervention forcee du Tresor a I'epoque des echeances des coupons de sa Dette, intervention qui faussait les cours et causait de graves pertes aux finances publiques. Bonne ou mauvaise la politique de conversion des apolices 5 % papier en 4 % or, cet impot en or fournirait les ressources indispensables pour faire face aux arrerages et aiderait a ['importation d'especes monnayees.
Le decret avait ete recu sans hostilite, plutot avec eloge, les critiques versant sur le pourcentage de metal fixe, I'opinion dominante etant que la totalite des droits devaient eire percus de cette facon. L'aggravation des taxes n'etait pas forte.
Le tarif en vigueur continuait la tradition de la politique douaniere de I'Empire : il etait principalement fiscal, prole'geant moderement I'industrie nationale par le degrevement des matieres premieres et une legere surtaxe des objets manufactures, ayant au Bresil des produils similaires. Telle avait ete, d'ailleurs, I'orientation constante de I'Empire, avec la seule exception du tarif protecteur de 1S79.
Mais les reclamations de I'industrie devenaient chaque fois plus pressantes, a mesure qu'elle se developpait et voulait se reserver le marche interieur. EUes arriverent au point d'obliger le ministre a etudier un nouveau projet qui
devmtla loi du 1 1 Octobre iSgo. Ce nouveau code douanier augmentait un peu la protection aux manufactures locales, mais sanstrop exagerer, les valeurs des importations etant calculees au change pair. La resolution, prise par decret du
4 Octobre, de percevoir integralement en or toutes les taxes de douane fut done encore Men recue, surtout parce qu'elle as'ait ete combinee avec I'abolition de la surtaxe speciale de
5 %, pa3'ee a ces bureaux fiscaux pour le fonds de rachat des esclaves, taxe surannee, puisque I'esclavage avait disparu.
C'etait une mesure financiere de premier ordre qui avait ete prise, avec Pavantage inappreciable d'etre acceptee avec satisfaction par le commerce importateur.
Le change continuant a baisser, et la crise restreignant les debouches, le commerce essaj'a de lutter en abaissant le prix de revient des marchandises. De la, la campagne centre I'impSt en or, qui representait en Octobre 1891,011 le change cotait 14,41, une augmentation de pres de 100 % sur les droits primitifs inclus dans le tarif Ruy Barbosa. Ce dernier acte avait force de loi. Malgre cela, le Congres etant ouvert, etla competence de toute alteration de ce genre appaitenant exclusivement au Pouvoir Lcgislatif, malgre tout, le ministre Lucena rapporta par aA-is administratif du 10 Octobre 1891 la loi douaniere du 4 Octobre de I'annee precedente. Le nouveau tarif ainsi fixe serait celui du 11 Octobre 1890, les droits etant calcules a 20 pefice, soit une surtaxe de 35 %, et devant etre acquittes en papier-monnaie.
Letexte du decret de Mr. Ruy Barbosa favorisait cette mesure en ce sens que ce ministre, n'ayant pasprevu la baisse du cours au dessous de 20 pence, avait limite a ce chiffre la prevision de la quotepart en or des impots a payer: mais I'esprit de la loi etait tout autre, citproportionnait la fraction a percevoir en metal a la devalorisation en papier-monnaie, afin d'en eviter quelques unes des consequences fiicheuses.
Ce recul devait nous couter cher, car Tun des elements principaux de I'aggravation de la crise qui nous mena au moraioriiim de 1898 fut I'ampleur des sommes englouties tous les ans dans le gouffre des differences de change. Le maintien de Fimpot en or, tel quel ou legerement modifie pour attenuer I'exces des droits qui en resultait, eut rendu moins pressante la necessite de • I'entente avec nos creanciers pour suspendre les arrerages de notre Dette, moyennant 1' accord connu sous le nom de funding-loan.
Avant d'arriver a cette abrogation pure et simple des droits en or, le second ministre des finances de la Dictature avait commence par ne pas vouloir disposer des especes monnayees recues a la douane. Le Gouvernement se transformait peu a peu en monopoliseur de metal. Devant la gravite de la situation ainsi creee, le ministre dut ceder et ordonna la vente de For excedent aux besoins officiels. Cette vente se fit dans les premiers temps par I'entremise des banques et selon les cours du jour. La baisse continuant, le ministre fit vendre la monnaie au change Jixe de 1 8 jceKce, perdant ainsi la difference de cours, soit plus de 3 pence ou i5 %. Etle rapport ministeriel, rendant compte de cette operation, ajoute naivement : « cette mesure 0 a ete generalement bien recue et produit de bons resultats » .
II oubliait seulement d'ajouter que c'etait une illegalite de vendre a un prix ce qu'il avait percu a un prix different pour les depenses publiques, et que le Congres seul avait pouvoir pour le faire.
Ce fut apres cette premiere violation du Statut Constitutionnel, que le Pouvoir Executif abrogea Pimpot en or. Pour etre juste, nous devons ajouter que la loi budgetaire pour I'exercice de 1892 confirma cette abolition et etablit une surtaxe de 5o % sur les droits de douane existants, payables en monnaie courante. • Un autre point de la plus haute importance, ou le mecanisme des lois sur remission pendant la premiere phase du
Gouvernement Provisoire fut alteree d'une facon essentielle, se rapporte au\ depots de garantie de la circulation.
Comme nous I'avons vu, Mr. Ruy Barbosaavait affaibli ces garanties en transformant en titres de la Dette une partie de I'or depose ; mais, quoique representees par des especes de valeurs et de realisabilites differentes, ces garanties se trouvaient au Tresor.
Sous I'influence de conseils pernicieux, ses deux successeurs preterent de la Caisse des Depots a plusieurs etablissements financiers (Banco de Credito Popular, Banco Emissor de Peniambiico, Banco da Repiiblka) la somme de £ 2.600.000, recevant en paiement de simples promesses de traites sur I'etranger. Cette somme servit debase a remission de 54.229:000$, faite par ces instituts, qui avaient ainsi obtenu leurs fonds de garantie sans bourse delier. La liquidation de cette operation ne put etre faite que bien longtemps apres, a perte, par le ministre Rodrigues Alves (1894- 1896).
Peu de temps avant de quitter le Tresor, un ministre des finances etait arrive a ordonner le transfert des soldes deposes dans les caisses, au Banco de Credito Universal, etablissement presque en faillite, qui depo.sa son bilan peu apres. Heureusement, cette operation inavouable put etre empechee a temps par son successeur, Mr. Rodrigues Alves.
II est evident que tous ces actes, violant- franchement les lois anterieures, ne pouvaient entrainer la responsabilite de I'auteurde celles-ci. Mr. Ru\' B;u-bosa avait dechaine I'orage, mais ses successeurs immediats en avaient fait un cyclone.
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