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Les cours du change oscillaient continuallemant entre 8 et 10 pence., tendant franchement a la baisse. . Les voici pour Pannee de 1896:
Mors
COl'RS EXTREMES
MOYENNE
MOIS
corns EXTREMES
MOYENNE
Janvier . .
Juillet. . .
Fcvrier . .
Aout . . .
Mars . . .
Septembre .
Avril . . .
Octobre . .
Mai. . • .
Novembre .
Juin. . . .
Decembre .
De pareils chiffres avaient de quoi faire frissonner les plus hardis, et demontraient clairement que les mesures votees pour assainir la circulation arrivaient tard pour accomplir leur oeuvre. La crise etait loin d'etre vaiiicue. Un surplus d'cmbarras se greffait sur les maux causes par la baisse des changes : la devalorisation du cafe, par suite des speculations de baisse.
Malgre tout, quelques pas decisifs avaient ete faits, et nous vivons encore, a de certains points de vue, sous le regime de circulation fiduciaire institue par la loi du 9 Decembre
Sous cet aspect, I'histoire des emissions depuis le transfer! du siege de la monarchie portugaise a Rio, en 1808, pourrait se resumer en quelques lignes, que nous avons reunies dans le tableau suivant :
Unite d'emission — Premier Banco do Brasil.
Emission du Tresor — Les billets de la Banque du Bresil avaient ete repris par le Tresor, qui les substituait par sa propre emission.
Pluralite d'emission — Outre les billets du Tresor, pouvaient aussi emettre les instituts suivants : Banco do Ceard — (i836 - 1839).
Banco Commercial do Rio de Janeiro — (i 838- 1854). Banco Maranhense — {1841).
Banco Commercial da Bahia — (1845-1856). Banco Commercial do Maranliao — (184(3-1856). Banco do Para- — (1847).
Caixa Economica ou dc Soccorro dc Pernambuco — (1847).
Banco de Pernambuco — ( i85 1-1956).
Banco do Brasil (a"") (j85i-i854).
Filiale de Sao Pa;^/o — (1S52-1854).
» do Rio Grande do 5z// — (1852-1854). Banco Commercial do Para— (i853-i856).
Unite d'emission —La loi du 5 Juillet i853 concentra
remission au
Banco do Brasil (s™^) — (1853-1893).
Filiale de Bahia
» de Pernambuco. / „ . ,
D do Maranhao. 1 ^
» de Belim 1
p d& Sao Paulo — (i 855-1 890).
» de Rio Grande do Sul — (1855-1869).
p deOuroPrelo — (1805-1870).
Plurality d'emisston — Par des concessions particuli^res, illegales, il fut perrnis d'emettre aux instituts suivants :
Banco Commercial e Agricola no Riode Janeiro — (1857 -1862)'. Filiale de Vassouras — (1857 -1862).
» de Campos — ( 1857 - 1862) .
Banco da Provincia do Rio Grande do Sul — (1857- 1874).
Novo Banco dc Pernambuco — (1857 - 1867). Banco do Maranhao — ('1857 - 1893).
Banco da Bahia — fiS58 - 1900).
Banco Rural e Hypolhecario ko Rio de Janeiro — (1853- 1862).
Emission du Tresor — Laloi de 12 Septembre 186G retira a toutes les banques le droit d'etnettre et ordonna que toute la circulation se fit avec des billets emis par I'Etat.
Pluralite d'emission — Celle-ci cut lieu selon trois types. Le premier (decret du G Juillet 1889), exigeait ie remboursement en or et a vue ; le droit d'emission fut concede a ces conditions aux banques suivantes :
Banco Nacional do Brasil — (1889 - 1890).
Banco de Sao Paulo — (i 8S9 - 1893) .
Banco do Commercio do Rio de Janeiro — (1889- 1890).
Banco do Brasil (S™':) — (1889 - 1890). Banco de Pernambuco — ( 1 889 - 1 890) . Banco da Bahia — (1889 - 1890) .
Toutes ces banques se desisterent de leur concession. Le systeme fut substitue par ceux des decrets du 1 7 Janvier et du 8 Mars i8go, emissions basees sur apolices ou sur especes monnayees, modeles adoptes par les instituts suivants :
Banco dos Estados Unidosdo Brasil — (i8go) {apolices et metal) .
Banco Um'do de Sao Paulo — (1890-1892) {apolices) . Banco Emissor do Sul — (1890- 1891) {apolices). Banco Emissor da Bahia — (1890- 1892) {apolices et metal).
Banco Emissor do jVor/e — (1890- 1892) {apolices). Banco Emissor de Pernambuco — (1890- 1892) (metal et apolices) .
Banco de Credito Popular — { 1 890- 1 892) {apolices et metal) .
Banco Nacional do 5ra«/ — (i8go) (metal). Banco do Brasil (j^me) ,§^0-1890) (metal). Banco da Bahia — (1890-1892) (metal).
Banco da Republica dos Estados Unidos do Brasil — ( 1 89 1 - 1 892) {apolices et metal) .
Unite d'emission — Le decret du 1 7 Decembre 1892 concentra I'emission au
Banco da Republica do Brasil — (1892-1896).
Emission du Tresor — La loi du 9 Decembre 1891) ordonna la reprise de I'emission par I'Etat. Ainsi en 102 ans (i 808-1910) les systemesont varie de la facon suivante :
Unite d'emission de banques .... 29 ans ( 1 808- 1 829), ( 1 85 3- 1 857), ( 1 892- v89G).
Pluralite d'emission de banques ... 29 ans ( 1 836- 1 853), ( 1 857- 1 866), ( 1 889-1 892) .
Emission du Tresor 44 ans
102 ans
Une observation s'impos'e, toutefois. A partir de 1829, date de la reprise par le Tresor des emissions du premier Banco do Brasil^ le papier-monnaie officiel a toujours coexiste avec celui des banques, quand celles-ci pouvaient emettre, ou, quand ce droit leur avait ete enleve, tant qu'elles ne pouvaient pas racheter leurs billets. G'est done le papier du Tresor que ie public a toujours le mieux connu, et c'est celui qui lui a inspire le plus de confiance.
L'adoption par le Congres de la loi du 9 Decembre 1 896 etait un progres, mais deux mesures y avaient ete inserees
dont devait provenir I'inefficacite de I'ensemble sur la situation monetaire du pays .
L'impot en or n'avait ete admis qu'en principe, pour quand le change se maintiendrait au dessus de i8 pence; autant valait n'en point parler, puisque les cours oscillaient autour de 8. Les interventions periodiques du Tresor sur le marche de metal etaient done conservees, avec tous les inconvenients qui en decoulaient.
Un nouveau tarif allait ctre prepare, ayant pour but consolider les surtaxes votees par le Parlement, et simplifier la ioi en vigueur de facon a en augmenter la productivite.
Le retrait du papier-monnaie avait comme source principale des fonds destines a cette operation le produit de FafFermage des chemins de fer federaux, que I'on evaluait a plus de cinq millions sterling. Or, les conditions imposees par le Gouvernement etaient inacceptables, toute idee preconcue sur la valeur du plan, en soi, mise de cote. La base essentielle du mecanisme du rachat ayant disparu, tout I'edifice tombait en ruine. Le probleme de la circulation, quoique simplifie par la reprise des billets par le Tresor, restait done entier et sans solution pratique. Le marche continuait, par consequent, travaille par les courants contradictoires de la speculation, en proie aux paris, aifaibli par I'echec des projets officiels sur lesquels se fondait I'assainissement plausible de la currencf.
Quelques unes des mesures prises par le ministere des finances avaient ameliore un peu les conditions du Tresor.
L'accord avec le Banco da Republica, deja apres le retour au pouvoir du president Prudente de Moraes, avait permis de reduire une creance de i8o.858:o87$oio, papier, et £ 574.621-7-1 1, a 65.732 conlos papier. Le paiement en avait ete effectue en proprietes et titres de valeurs diverses, les uns relativement bons, comme de certains immeubles, les titres de la Companhia Uniao Sorocabana e Ituana et du Lloyd Brasileiro ; d'autres bien moins solides et cotes au dessous des
chilfres, avec lesquels ils figuraien: dans cet accord. Les bonus ne rentraient pas dans ce reglemeni de comptes, leur amortissement devant se faire d'accord avec les contrats qui en avaient autorise I'emission.
Mais d'une facon generale, I'orientation gouvernementale du vice-president Manoel Victorino avait complique plutut que simplifie la situation.
Le budget, vote avec un solde apparent de 3o . ooo contos, n'etait equilibre que par artifice, et le retablissement des chapitres de depenses insuffisamment dotes en revela le caractere factice .
Des les debuts de I'e.xercice de 1897, les difficultes surgirent. II fallut, des le 8 Janvier, faire un emprunt de £ i .000.000 avec la Banque Francaise du Bresil, amorti a la fin de I'annee, moyennant una emission de billets du Tresor, montant a £ 2.000.000, mis en cours a 97 % et portant 5 "/o d'interets. Un emprunt interieur, en apolices papier, fut emis fin Novembre a gS portant 6 "/„ d'interets, ce qui demontre bien la baisse de credit du Tresor a cette epoqife.
Tous ces expedients prouvaient clairement la situation desesperee a laquelle le paj's etait arrive. Des le mois de Mars une insurrection locale, de caractere nettement religieux, avait oblige le Gouvernement Federal a envoyer des troupes a Bahia contre une bande de fanatiques qui s'etaient fortifies a Canudos et terrorisaient la regioxi. Ceite expedition de police militaire dura plusieurs mois, couta beaucoup de sang et d'argent .
Par malheur, elle coincidaavec une phase d'exacerbation de I'esprit du parti qui combatiait le president Prudente de Moraes, sans choisir les armes ni les arguments \ le pays tout entier etait bouleverse par cette fermentation politique d'une violence inouie, qui paralysait tous les efforts administratifs, et sterilisait completement Ic travail parlcmentaire. Une tentative d'assassinat du president de la Republique, en la defense
duquel tomba le ministre de la guerre Carlos Machado de Bittencourt, marqua I'apogee de cette periode de troubles, vers les premiers jours de Novembre.
Le ministre de Pindustrie et de votes de communication se voyait oblige de demander des credits speciaux de 27.405 conios, A cause du manque de soins et de sincerite dans I'elaboration de la loi budgetaire en cours, dans laquelle figuraient des sommes inferieures aux besoins irreductibles des services de transports, telles les consommations de combustible et de lubrifiants, les garanties d'interets, les resiliations, les indemnites fixees par voie judiciaire, etc.
La crise de surproduction du cafe s'annoncait deja deprimant les prix. Les cotes extremes de 1896 ayant ete, pour le type n. 7, de i3$5oo et 21 $700 par 15 kilos, elles ne furent que de !o$8oo a i6$4oo pour la meme unite, en 1897. Les arrivages se firent en telles quantites que, pendant les mois d'Aout et de Septembre, il y eut une veritable crise de sacs, les fabriques du tissu special employe dans ce but etant absolument debordees ; il en resulta une paralysation des stocks qui alourdit les cours.
Malgre ce developpement productif, la valeur globale de . nos exportations, suffisante pour payer nos achats a I'etranger, ne laissait pas le solde indispensable pour nos engagements d'autre nature. D'apres les evaluations de I'epoque, la balance des comptes presentait moins de 27 millions sterling de disponibilites a I'etranger, contre 21 millions d'achats et plus de 9 Vi millions d'arrerages de toute sorte, d'oii un solde debiteur envers I'etranger de pres de 4 '/a millions Q sterling.
£ II est comprehensible qu'en face d'une pareille situation,
ete I'energie et I'esprit initiative d'un veritable financier faioant rela. defaut, le regime des expedients condamnables fut foujours la Cc adopte et que les emprunts a court terme, ou a, ech^ance plus leiro • lointaine parussent une solution, et non un ktermoiement.
A relire aujourd''hui les journaux et autres documents contemporains, I'imprcssion qui s'en dcgagc est un dcsarroi absolu, vide d'idees, une resignation morne, sans espoir, prete aux pires catastrophes .
Quelques suggestions se faisaient cependant, timidemcnt, plutotpour definir les responsabilites des malheurs de I'heure presente,que pour agir virilement dons le sens de les combattre.
Ce fut ainsi que naquit la proposition de refaire, en sens inverse, Topciration de iSqosur les j/'o//cm, et de reconvertir en 5 7o, papier, les interets 4 %, or, paycs a partir de cette date aux poneurs qui y avaient consenti.
L'accord tendait a ss faire sur Porigine de la debacle flnanciere, et le developpement redoutable du chapitre budgetaire des (I differences de change « portait la persuasion aux esprits les plus rebelles a se convaincre qu'il s'agissait bien d'une crise causee par les vices de la circulation .
Les sommes, depensees a ce titre par le Tresor, avaient progresse de la facon suivante : ^
AN'KLES
SOMMES ENVOYEES