‹ La politique monétaire du BrésilChapitre 51 sur 86 · I.MrORTATIOS · texte numérisé non relu

I.MrORTATIOS

EXPORTATION

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Les soldes creditcurs, diminuant tous les ans, etaient absolument insuffisants pour payer les auti'es responsabilites du pays a I'etranger. De toute facon, sans le moratorium de 1898, nous n'aurions pas pu faire face a nos engagements, car les difficultes financieres etaient presque invincibles .

L'etat du marche de Rio etait indescriptible . La debacle etait complete. Les faillites se multipliaient ; les accords particuliers entre creanciers et debiteurs ne se comptaient plus. La place etait semee de ruines, el on n'avancait qu'entre les decombres .

Malgre la depression croissante du change, le prix en papier du cafe continuait a faiblir ; prenant pour base le type 7, les cours extremes avaient ete de 9$ et 1 5$6oo, centre io$8oo ei i6$4oo en 1897. Un rapport tres curieux de la Com^anhm Centres Pastoris do Brasil faisait remarquer que, sur le meme sol, le cafe traite par les memes methodes, les memes machines et les memes intermediaires, avait ete vendu aux prix suivants :

1892 i6$73i les 15 kilos

Ces chiffres devenaient encore plus significatifs reduits a leur valeur metallique, avec les taux decroissants du change.

Les capitaux, retenus dans le pays par Pespoir d'un transfer! a des cours plus hauts, avaient fini par etre exportes. On evaluait a une trentaine de mille contos les sommes ainsi envoyees a I'etranger pendant les quatre premiers mois de I'annee.

Une panique a Petal permanent s'etait etablie sur le marche, des raffichage des premiers cours au dessous de 7 pcnce^ et cette situation d'impressionabilite maladive etait soigneusement entretenue par la speculation. En Avril, les choses arriverent a tel point que les banques se concerterent, pour reduire a cinq jours le delai pendant lequeliout acheteur de change pouvait exiger la remise des traites. Cette restriction de Tagiotage fut surtout prejudicielle aux acheteurs serieux, qui ne pouvaient compter sur des ressources dans des delais si courts; le pari sur Tor contourna la difficulte en faisant des contrats d'option, que la demande legitime aida de son cote pour pouvoir se couvrir independamment de Texigence excessive des banques, quant aux delais de livraison.

Malgre tous les efforts, les taux tiechissaient. L'ajournement des depenses na vales, resolu en Janvier, la suspension de tous les frais a I'etranger, sauf pour les arrerages de la Dette et le Corps Diplomatique ; rien de cela n'avait d'effet sur la place, et les bruits, toujours renaissants, dg la banqueroute ofRcielle detruisaient ce que pouvaient produire de bon les nouvelles exactes sur les economies realisees.

Le maximum d'acuite de la crise se manifesta en Avril et Mai 1898. A cette derniere date, une commission du Commerce importateur se dirigea au president de la Republique pour lui demander d'intervenir sur le marche en proie « a la « terreur journaliere et croissante d^une panique qui domine et « menace tout ».

Les pourparlers pour Paccord du funding-loan etaient deja entames, de sorte que Prudente de Moraes put donner quelqae espoirala place de Rio. Et, effectivement, de cette epoque date la reaction bienlaiiante subie par la valeur du papier-monnaie. Le m'nimum de la courbe avait atteint 5 7, pence, \e 23 Avril 1898, pour le papier sur Londres a 90 jours de vue ! . . . La valeur du papier ctait tombee a 20,80 °/„ ; sa depreciation etait de 79, 1 7 °/„ ; Pagio sur Por de 38o ! . . .

Des que la solution apportee par le contrat du fundingloan fut connue, les cours se ranimerent. Les oscillations pour 1898 sont reunies dans le tableau suivant :

HOIS

COURS EXTnftMrS

MOYENNE

MOIS

couns

EXTR CMES

MOYENNE

Janvier. . .

Juillet. . .

Fcvrier . .

Aoat . . .

Mars . . .

Septembre .

Avril . • .

Octobre . .

Mai. . . .

Novembre .

Juin. . . .

Decembre .

La baisse qui commenca en Decembre, et s'accentua plus tard, fut causee par la speculation, qui d'abord exagera les tendances naturelles a la hausse,et ensuite changea de bord, pour se couvrir a la baisse des pertes subies anterieurement. Ledesir du commerce importateur d'eviter rapplication des droits de douane en or, lui fit anticiper ses achats, d'ou une plus grande recherche de traites pour effectuer les paiements en Europe, produisant Paffaiblissement de la valeur du papier-monnaie.

Des que le nouveau regime etit assure la stabilite du change de 18 pence pour les paiements d'une bonne partie des arrerages dus en Europe, le Gouvernement et les Chambres mirent le temps a profit pour prendre toute une serie de mesures complementaires desdnees a reduire les depenses.

Les chemins de fer federaux, source de deficits annuels importants, devaient etre affermes, d'apres la loi du 9 Decembre 1896.

A I'occasion de la concurrence, il n'y eut de propositions que pour les chemins de fer de Sobral, Porto Alegre a Urnguajana et Central do Brasil. Cellui-ci ne put etre afferme parce que la proposition faite etait absolument inacceptable.

Les deux autres le furent, la premiere par contrat du 25 Septembre 1S97, la seconde par contrat du i5 Mars 1898. Una nouvelle concurrence fut annoncee pour les voies ferrees qui n'avaient pas trouve preneurs, exception faite du Central. Par contrat du 1 2 Avril 1898, la Estrada de Ferro de Baiuriti fut affermee, ainsi que la Central de Peniambiico, par contrat du 1 1 Deceinbre.

Ces sources de deficit se trans form erent des la premiere annee en producteurs de recettes nettes. Gene politique fut suivie sans defaillance, ainsi que nous le verrons par I'exposc des faits.

Le credit pour les differences de change, de 1 10.000 coyilos en 1898, put etre reduit a G0.20S I'annee suivante.

De nouveaux impots de consommation etaient crees, les anciens revises.

L'impSt en or etait etabli pour les droits de douane dans la proportion de 10 % du total percu.

L'incineration du papier-monnaie retire de la circulation et depose dans les caisses des banques, d'accord avec le contrat du funding-loan, fnt ordonnee par la loi budgetaire pour 1899.

Les resultats des deux derniers exercices se resumaient comme suit, y compris les dep6ts :

ANNIES

dCpenses

d6ficit

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