‹ La politique monétaire du BrésilChapitre 7 sur 86 · DOIT · texte numérisé non relu

DOIT

Billets en circulation 8.872:45o$ooo

Comptes et depots divers. . . . i.76i:262$ooo

io.633:7i2$ooo

La cause du deficit etait done bien remission, car pour les operations commerciales proprement dites il se trouvait un solde favorable a la ganque de 2.S56:907,§ooo. II est juste de dire, cependant, que les benefices figurant dans ce solde etaient dusen grande 'partie a Remission ,

Le Gouvernement, venant toujours a I'aide de I'etablissement de credit, decreta que les avances payees au Tresor seraient considerees comme dette nationale, gagee par I'ensemble des recettes, des monopoles royaux des metaux precieux et des pierreries de la Couronne (5). Comme preuve de cette confiance, le Roi (6) fit transporter dans les caisses toute son argenterie, et invita ses sujets a suivreson exemplc.

Quelques jours plus tard, D. Joao VI partait pour Lisbonne . Sa maison et tous les courtisans qui Paccompagnerent

(5) Decret du 23 Mars 1821.

(6) Le Brdsil avait ct4 4rige cn Roj'aume, uni J cclul de Portugal, le i6 D4cembro 1O15; le Regent, aprcs la mort de sa mere D. Maria, etait moute sur le Irane cn 1816, mais son couronnomont n'eut lieu que le 6 Fivrier 1818.

raffterent toutes les especes monnayees de la Banque en presentant a remboursement les billets dont ils etaient porteurs. Le 28 Juillet 182 1, le remboursement contre especes etait pratiquement suspendu, et substitue par la proportion suivante : 75%payes en pelites coupures, i5 7o en monnaie d'lirgent, lo^/o en billon. .

Le Prince-Regent D. Pedro, successeur de son pere et proclame bientot Empereur du Bresil, etait anime des memes sentiments de ' bienveillance envers la" Manque ; avec quelques velleites, peut-elre, d'y mettre un peu d'ordre dans remission (7). II ne put resister, neanmoins, a la speculation sur le capital-actions, et celui-ci, primitivement de 1.200:000$, eleve S 3.400:000.$ en i8i8, recut une nouvelle augmentation de i .200:000$, qui porterent son capital final a 3.600:000$ (8). Malgre toutes les bonnes intentions de regulariser la circulation, dont plusieurs actes font foi et notamment I'ordre administratif du 3 Mai 1824, malgre les desirs d'employer au retrait du papier-monnaie le nouveau capital souscrit, malgre tout cela les evenements furent plus forts que les souhaits du Gouvernement et lea* emissions se firent a jet continu. De 1 1.391:000$ environ en 1824, elles augmentcrent de i.33o:ooo$ en 1820, de 2.870 I'annee suivante, de 8.584:000.$ en 1827, de 691:000$ en 1828 et de 669:000$ en 1829, ^^^^ de la liquidation de I'etablissement. De telles emissions massives ne pouvaient se faire que sous la pression du Cabinet de Rio. Elles correspondaient effectivement aux luttes separatistes dans les provinces du Nord, de Pernambuco a Ceara, reprimees par le general Lima e Silva, em 1824; a la campagne dei825-i827, d'oii resulta I'independance de Tancienne Cisplatlne, par la Convention du 27 Aotit iS28;aux expeditions et mesures indispensables, pour faire reconnaitre

(7) Ordrcs adininisti-atifs du 'jcl du 15 Oitobre i8z2, ot du i'iAvnli^ij. Tous ces documoats sont posterieurs 4 rrndepeiidaiice du Bresil, qui eut lieu le 7 Septembre 1823.

(8) Decision du 10 Avril 1O24.

rindependance du Bresil dans les provinces du Nord (1822-1823).

Telle etait la situation du papier-monnaie et des rapports officiels avec la Banque, quand la premiere Chambre se reunit en 1826. Le tableau ci-contre donne en resume I'idee exacte de revolution operee par le capital-actions de cet etablissement de credit, par le fonds de reserve, les dividendes bruts, la deduction faite pour la reserve, les interets payes aux actionnaires sur ce fonds et additionnes aux dividendes rectifies, remission, le remboursement ou retrait du papier-monnaie et les sommes en circulation.

En 1829, quand la liquidation fut prononcee, le montant s'elevaita 19. 174:9201000. Sur ce chifFre, 1 8. 301:097$ representaient la dette du Tresor pour avances et prets fails en papier-monnaie.

Des maintenant, il faut remarquer que les actionnaires, apres distribution de I'actif, recurent 90 % environ de la valeur nominale de leurs actions.

Nous reviendrons sur cette liquidation, la plus grave erreur financiere commise par le premier Empire.

A cette epoque, la Dette Exterieure du Bresil comprenait deja trois emprunts celebres en 1824, 1825 et 1828. Celui de 1824, de £ 3.000.000 nominales, portant 5 °/o d'interets, avait ete emis a dilferents taux : £ i. 000. 000 a 75 % ; £ 2.000.000 a 85 °lo- Celui de 1825, destine a liquider les reclamations du Portugal, monta a £ 2.000.000 ; pour le contracter, le Bresil, par Particle 2'^""= de la Convention de 29 Aout 1825 entre les plenipotentiaires des deux pays, sous la mediation de I'Angleterre, prit a sa charge I'emprunt portugais celebre a Londres en Octobre 1823, ets'elevant a la meme somme. Celui de 1828, de £ 400.000, fut emis a LondreS ; il portait 5 °/o d'interets, et le taux d'emission fut de 54 %.

Resume des operations de la i*.'^' Banque du Bresil

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