Id., id.. Dépêche de Sébastiani, 26 février
Moldavie cl de la Yalachie, mais qu’il lui était impossible 'de prendre un engagement écrit sans ordre positif.
Il est intéressant de rappeler que trois semaines auparavant, la lettre de Napoléon à Mexandre Ier, du 2 février, paraissait ouvrir à l’alliance franco-russe les plus extraordinaires destinées et à la question d’Orient une prompte solution. Nous avons pensé qu’il ne fallait pas prendre au pied delà lettre cette manifestation de l’éloquence impériale. Elle j est capable néanmoins, bien qu’elle soit alors demeurée secrète, d’excuser les inquiétudes du gouvernement de Constantinople.
Le 27 février, Sébastiani, fidèle à ses instructions, faisait un dernier effort pour «porter le succès ; il adressait au divan une note sur le passage des troupes destinées à Corfou; il expliquait que celte demande de l’Empereur n’avait rien que de juste et de modéré. « Il est inoui, disait-il, qu’une puissance amie ait refusé un passage de cette nature ; un pareil refus ne se trouve dans les annales d’aucune nation...
Et dans quel moment? Quand Sa Majesté s’occupe d’assurer la restitution de la Moldavie et de la Yalacliie à la Porte, quand Elle vient d’obtenir que les hostilités ne seront pas reprises malgré la non-ratification de l’armistice?.. On objecte l’opposition du peuple et des janissaires ; mais le peuple est bon; les chefs des janissaires sont des militaires estimables qui aiment leur patrie, et, s’ils n’étaient pas trompés par des hommes perfides qui veulent la guerre pour conserver leurs emplois, ils ne mettraient aucun obstacle à un passage qui ne peut donner aucun ombrage. » Et il demandait à avoir lui-même une conférence avec l’aga des janissaires et les chefs de l’Odjak.
Il n’était pas bien sûr que cette démarche serait approuvée de son gouvernement, et il s’en excusait: « J’éprouve quelque peine à exposer mon caractère à la brutalité de ces hommes excités depuis longtemps contre moi ; mais Sa Majesté me pardonnera sans doute en faveur de mon zèle si cette démarche compromet la personne de l’un de ses ambassadeurs. Je ne parle point du danger que peut courir ma vie. Elle ne m’est précieuse qu’autant que je la puisse sacrifier au