Ici., ici., du même, i4 juillet
LES FRANÇAIS SUR LA COTE DE l’aDRIVTIQUE 287
bosniaque recommença à insulter le consulat. Cette recrudescence d’outrages paraît avoir coïncidé avec l’assassinat des quatre olliciers français à Antivari ; elle répondait peutêtre à un mot d’ordre venu de Constantinople ou au moins de Janina. David nota à cette date quelque refroidissement de la part du vizir et songea de nouveau à emmener sa famille en Dalmalie, par prudence1. Le consul autrichien, M. de Mil tesser, arriva enfin le 3 juin : « Vainqueur des Turcs, dit David, comme Enée le fut des ombres, il attacha son rameau d’or à la porte du vizir2 3. » Les passions fanatiques en furent excitées de nouveau. La situation redevint aussi critique qu’au mois de mars.
« Je puis dire comme Mahomet, écrit encore le consul : ma vie est un combat ; les enfants de ce prophète ne se lassent point de me faire la guerre. » Il avait quitté Traunik, pour conduire sa famille en Dalmalie; à peine était-il à deux milles sur la route que la maison consulaire était assiégée par une foule furieuse, péniblement défendue par les domestiques, tardivement secourue et délivrée par le pacha, auquel les Turcs d’ailleurs reprochèrent d’avoir laissé échapper des otages précieux. David revint, se rendit au divan du pacha, lexigea une réparation éclatante : « La Bosnie veut-elle donc être rebelle à son souverain et faire naître la guerre quand il veut la paix? Que dirait ^olre Altesse d’un fils en révolte contre la volonté de son père et qui troublerait toute la fa nille par ses excès ? Telle est la Bosnie lorsqu’elle traite en innemis les Français que le Grand Seigneur veut qu’on traite |en amis ». Et le consul menaçait les Bosniaques de la terrible luissancc de l’empereur Napoléon ; il voulait bien ne pas ■ncore exciter sa colère ni se plaindre à l’ambassadeur de Constantinople, mais à condition qu’on lui accordât tout de uile une entière réparation des injures subies.
Il n’obtint rien. 11 se consola d’abord en citant ses auteurs :
, Montesquieu a eu bien raison de dire : lorsque le despote §3 relâche de son autorité, c’est le peuple qui s’en empare !. »