‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 125 sur 201 · Id., id., du même, 3o juin · texte numérisé non relu

Id., id., du même, 3o juin

Puis la situation devint tout à fait insupportable. « La Bosnie, sous le faible Ibrahim, célébrait de vraies Saturnales ; les esclaves étaient devenus les maîtres. » Le pacba promettait une réparation du dernier outrage fait au consulat ; « mais qui peut s’appuyer sur un roseau qui plie à tous les vents? » Les Turcs fanatiques et insolents déclaraient « qu’ils aimeraient mieux mourir que de se courber devant un cbien d’inlidèle 1 ». Et la chose en resta là ; il n’y eut point d’excuses ; le consul n’avait plus à choisir qu’entre la retraite et l’humiliation.

Il écrivit à Paris pour demander s’il convenait que le consulat restât exposé aux intrigues et aux outrages, s’il n’était pas préférable qu’il se retirât aux frontières ; il annonça l’intention de voyager en attendant la réponse2. En effet, avant d’avoir des ordres, il quitta Traunik et s’établit provisoirement à la frontière, à Sign, prêt d’ailleurs à retourner à Traunik au premier besoin.

Son arrivée à Traunik, au milieu de l’année 1806, avait été un des éléments de la grande entreprise orientale de Na- | poléon ; sa retraite était un signe de l’échec même du grand dessein de l’Empereur. Sa mission était comme une miniature de celles de Sébastiani et de Gardane.

Il n’était plus permis à des Français de vivre tranquillement en pays turc. Et le discrédit où ils étaient tombés

O11 a noté bien des fois l’unité morale qui s’établit presque J instantanément dans les pays musulmans lorsqu’ils se sentent menacés en quelque point par l’éternelle croisade chrétienne. Ainsi en 1808, ils se contractaient, pour ainsi dire, se renfermaient sur eux-mêmes, retrouvaient à l’égard des Roumis / les ardentes haines de l’époque de la conquête. Il ne semble pas cependant que cela fût l’effet d’un mot d’ordre parti du gouvernement lui-même, mais bien plutôt d'une sorte d’instinct populaire de conservation, tout au plus d’instructions rapidement répandues par les ulémas, les cheikhs et les membres des nombreuses associations religieuses qui s’étendent sur tout l’Empire.

1. AfT. étr. Corr. de Turquie, Dépêche de David, 11 juillet 1808.

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