Cf. plus liant, page
gnée1. » 11 redisait les services de Soutzo, que Sébastiani lui avait promis le gouvernement de l'une des principautés danubiennes, qu'il y avait été un moment nommé; qu’au lieu de cela, il laissait une veuve, trois orphelins, un million et demi de dettes, plus de 200 familles dans la désolation. Quant à son neveu, il demandait seulement en récompense « un coin de terre dans une partie du monde, une petite province en Europe ou en Asie, un îlot dans l’immensité des mers ». Napoléon n’eut pas le loisir de lui donner satisfaction.
Tous les Français de Constantinople étaient menacés par le fanatisme musulman; ils étaient sans cesse arrêtés, et souvent retenus malgré les interventions de l’ambassade. Le i4 novembre, l’un d’eux fut assassiné sans motif d’un coup de couteau, sur la place publique, en plein jour ; un autre fut presque assommé par une patrouille et dépouillé ; un marchand français, M. de Foa, fut violenté dans son comptoir par un employé turc. Deux Français lurent torturés par le Bostangi-Bachi, ministre de la police turque, et restèrent estropiés. Sébastiani demanda la destitution du Boslangi; il n’obtint que celle d’un employé subalterne, qui fut sans doute ensuite nommé en avancement dans un autre poste. En revanche, la Porte exigeait des réparations pour le cas où des Français commettraient des excès sur des sujets ottomans, avec des excuses de l’ambassadeur. « Le conquérant Mahomet U, observait Sébastiani, n’aurait pas eu le ton de ce gouvernement vermoulu qui végète péniblement, qui n’existe qu’autant qu’il retient le courroux de l’Empereur par sa soumission. » Et l’ambassadeur prévenait les Français et les Italiens de Constantinople de faire secrètement leurs préparatifs de départ, afin d’éviter les graves dangers d’une insurrection populaire2. Lui-même il sollicitait vivement son rappel ; il se plaignait de son état de santé : « 11 est vraiment pénible pour moi de voir que je n’ai inspiré aucun
1. Aff. étr. Corr. de Turquie, Michel Mano à l’Empereur, 5 février a 808.