‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 133 sur 201 · id., Dépêche de Sébastiani, 18 nov · texte numérisé non relu

id., Dépêche de Sébastiani, 18 nov

FIN DE L’AMBASSADE DE SÉBASTIAN

Intérêt à Sa Majesté et que l’on me traite avec la plus grande insensibilité. J’ai le bras droit dans l’état le plus ■déplorable et mon corps est une plaie ; j’ai une maladie de peau affreuse1. »

Il passa les derniers mois de son ambassade dans les épreuves les plus pénibles. Son ministre Cbampagny parut prendre plaisir à accumuler les difficultés, demandant à la même date si la Porte se sentait capable de reprendre aux Russes les Principautés danubiennes, et d’obliger Ali-pacha à laisser passer des troupes françaises sur la cote d’Albanie 2. Sébastiani, en même temps, devait mécontenter le gouvernement ottoman et solliciter ses bons offices : on dirait une gageure; on dirait que Napoléon voulait avoir la mesure de son influence sur la Porte.

Il ne l’eut pas d’ailleurs ; elle s’en tira par des concessions qui ne furent qu’apparentes, et elle comprit seulement qu’elle ne devait plus compter sur la France pour obtenir la restitution des Principautés; elle fut en droit de reprocher à l’ambassadeur la mauvaise foi de son gouvernement, et il en souffrit beaucoup.

II notaitavec amertume le contraste douloureux qu’il y avait entre ces instructions nouvelles et la situation de l’année précédente et les promesses qu’il avait faites et renouvelées, au nom <le son gouvernement, au sujet de l’intégrité de l’empire ottoman : « J’ai éprouvé dans cette occasion, écrivait-il à Cbampagny, tout ce que les fonctions d’homme public ont de pénible. Ma santé, détruite par mon séjour dans ce pays, s’est trouvée tellement altérée par ce nouveau chagrin que je me suis cru jusqu’au dernier moment hors d’état de remplir moi-même le triste ministère dont j’étais chargé. » Et il regrettait de n’avoir pas été remplacé plus tôt à l’ambassade de Constantinople : « Un autre aurait mieux réussi à faire entendre un langage si fortement opposé à celui que j’ai 1 tenu ici. »

Il accomplit son devoir. 11 communiqua au divan les

1 . AfT. étr. Corr. de Turquie, Dépêche de Scbastiaui, y décembre 1807.

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