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LES TRAVAUX DE LA MISSION GARDANE

officiers, le premier Européen qui connût la Perse, il en fil comme la découverte, et son séjour en Perse, malheureux au point de vue politique, n’en est pas moins le premier contact de l’Occident avec l’Iran; ce fut un des éléments essentiels de la connaissance de l’Asie au xi\e siècle. Dès lors l’attention de l’Europe ne s’en détacha plus ; d’autres Français après lui continuèrent glorieusement son œuvre d’exploration scientifique.

Dès le mois de janvier, Niebuhr lui faisait demander par Champagny des renseignements sur les antiquités historiques delà Perse; nous ignorons quelle réponse il y fit. Il apparaît qu’il eut peu de temps à consacrer à ce sujet; il avait à traiter des questions plus pratiques et plus pressantes.

Le ministre de l’Intérieur, Crétet, lui avait demandé ; comme un « service éminent » des renseignements sur l’animal qui donne les précieux châles de Cachemire : « Est-il de l’espèce du mouton ou de la chèvre ? En pourrait on avoir des individus mâles et femelles ? » Gardane répondit, dans un mémoire complet, que cet animal est une chèvre du Thihet, de la région de Lhassa, que son poil est particulièrement fin et moelleux, mais qu’elle n’est pas transportable ; même pour aller seulement de Lhassa à Cachemire, de ioo chèvres il en meurt 20. Il vante à la même occasion la laine des chèvres de Kirman en Perse, celle encore des chèvres blanches d’Angora, et estime qu’on pourrait les | acclimater plus aisément1.

Une autre fois, il s’étend en considérations précises sur la condition économique de la Perse. Téhéran fait peu de ; commerce ; la concurrence y est impossible contre les marchands qui ont le monopole des fournitures de la cour impé- 1 riale ; Ispahan offre plus de ressources : on y vend les laines de Kirman, les tapis de Yezd. Recht et le Ghilan sont assez riches aussi. Tout le commerce avec l’Inde se fait par Bender- Bouchir, et non par les routes de l’Afghanistan ; il est au\ mains des Anglais, qui apportent du sucre, des épices, des drogues, des mouchoirs, etc. Tout le commerce de la Cas-

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