LES TRAVAUX DE LA MISSION OAHDANE
■aura, à Hérat, un excellent point de concentration ; si l’on s’accordait avec les Russes, ils pourraient accumuler des muni lions et des vivres à Astérabad, près de la mer Caspienne, et ce serait très précieux. — Pour ce transport de troupes, il y aura beaucoup de précautions à prendre ; il faudra toujours un cheval ou une autre bète de somme pour deux hommes, des capotes spéciales contre le froid de la nuit ; beaucoup de biscuits, car ces peuples n'entendent rien aux subsistances. D’ailleurs, les habitants fuiront et ne laisseront cjue des villages en ruines. Il faudra beaucoup de paille hachée, il 11’y a pas d’autre fourrage. On pourra fabriquer sur place des canons, des boulets, de la poudre ; il y a en Perse du salpêtre de très bonne qualité.
A partir de Ilérat, la route sera sans doute facile par Caboul et Peichawer ; on peut compter sur les tribus de la région de l’Indus qui détestent les Anglais et fourniront des troupes. Decaen, de l’ile de France, pourrait débarquer, au nord de Bombay, 1 a ou 1 5oo créoles. On constituerait ainsi vers Lahore une redoutable armée de Persans et Hindous solidement encadrés de soldats et d’officiers européens, et l’Inde serait à la merci de Napoléon.
Le prince du Sind, Mirgolam-Ali khan, écrit à Napoléon, se plaint de la méchanceté des Ang lais, de leur duplicité, exprime son désir « d’ouvrir avec les Français les portes de la correspondance1 ». Les Sykhs de l’Indus sont en guerre contre les Anglais et peuvent réunir 5oooo caxralicrs. Un prince afghan, Darab-Mirza, dépossédé du trône de ses pères à Caboul, demande le secours de la Perse et de la France? assure l’appui de nombreux partisans dans son pays. Lescliah est disposé à marcher, au moins jusqu’à Delhi : « En deux ans, dit-il, les Anglais seront expulsés de l’Inde, et cette misérable nation de marchands n’aura plus alors l’audace île venir traiter d’égal à égal avec les rois. » — « L’expédition de l’Inde est à Téhéran dans toutes les tètes2. » Qu’une armée française paraisse, et toutes ces bonnes volontés se