‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 149 sur 201 · II. — La rivalité anglo-française en Perse · texte numérisé non relu

II. — La rivalité anglo-française en Perse

Tout cela ne fut que rêve et chimère, et la raison en est simple : l’alliance française ne donna au roi de Perse rien de ce qu’il en espérait, n’écarta même pas de lui les outrages des Russes ; elle lui parut bientôt inutile et odieuse, et Gardane ne tarda pas à se heurtera d’insurmontables difficultés.

En eut-il dès le début le pressentiment ? Les modifications apportées aux conditions du traité de Finkenstein par le traité de Tilsit lui parurent-elles tout de suite capables de compromettre sa mission P — À peine était-il à Téhéran qu’il sollicitait son rappel. Le 24 janvier 1808, il envoyait ! à Paris un certificat de son médecin Sàlvatori, constatant ► qu’il était « dans un grave état de dépérissement, à cause du climat malsain et humide », et qu’il était indispensable qu’il quittât au plus tôt ce pays1. En avril, le général se plaignait lui-même que ses appointements fussent insuffisants, « car on ne peut sortir qu’à cheval, avec beaucoup de domestiques ;

... la plupart des Français ne se plaisent pas en Perse ; pour moi, en particulier, un coup de feu très grave que j’ai reçu j jadis à la cuisse gauche fait qu’elle dépérit sensiblement ! dans ce mauvais climat2 ». Le 8 juillet, Mme Gardane, reti- ^ rée à Lincet, près de Manosque, écrit à l’impératrice pour obtenir le retour de son mari : « l’air de Téhéran lui est tout à fait contraire ; il souffre beaucoup de douleurs rhumatismales ».

Aussi bien, même dans les premiers temps, la situation n’était-elle pas à Téhéran aussi favorable qu’elle le pouvait paraître d’après les cordiales réceptions du scliah. Tous les

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