‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 163 sur 201 · BAYLEN · texte numérisé non relu

BAYLEN

quement'. » — « J’attends d’autres escadres, écrit-il encore à Joseph ; ce seront celles de Lorient, de Brest, de Carlhagène (il dispose déjà de l’Espagne comme de sa chose), les vaisseaux de l’île d’Elbe, ceux de Lisbonne, ceux de Cadix^ Ainsi se composera une redoutable armée navale, irrésistible par sa masse : frôlant d’abord les rivages de Tarente, elle y prendra à son bord un corps expéditionnaire et ira le jeter en Egypte où la population nous appelle et espère en nous. » Le i3 mai, dans une lettre au ministre de la marine, Decrès, il établit l’accord entre ces armements ; il dit les dales auxquelles les Hottes de Lorient et de Brest devront appareiller, et il ajoute : « Le concours de ces opérations portera l’épouvante à Londres 2. » Le 3o juin, il annonce à Eugène qu’il passera les Alpes en octobre ou novembre.

Il est incontestable que l’Empereur a résolu en 1808 une entreprise importante sur l’Egypte. Nul doute que l’occupation de l’Egypte ne lui eût assuré une influence décisive dans le règlement des affaires d’Orient. Il eût pu reprendre la campagne où il avait échoué en 1799, s’assurer tle la Syrie et de l’Asie Mineure, fixer solidement les limites orientales de son empire. Mais il importe peu de rechercher les conséquences qu’aurait eues la seconde campagne d’Egypte; à la date où Napoléon devait passer les Alpes pour donner à l’a rente le signal de l’expédition, il passait les Pyrénées pour \enger le désastre de Baylen.

Car les affaires d’Espagne ne furent pas simples. 11 fut facile de détrôner d’un seul coup Charles IV et Ferdinand VII ; il le fut moins de dompter le peuple espagnol. Baylen ne fut pas seulement un désastre militaire; ce fut le premier coup, et déjà terrible, porté à l’édifice impérial. Si l’on considère qu’il arrêta court l’entreprise orientale et que Napoléon ne put jamais la reprendre, on en mesurera toute l'importance historique. 11 espéra réparer le mal; mais, malgré lui, il en demeura comme frappé au cœur.

1. Correspondance de Sapoléon, n° 1 3(j'i /i . •J. Id., n° 13877.

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