‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 65 sur 201 · NAPOLÉON A EINEENSTEIN. - OPÉRATIONS MILITAIRES I · texte numérisé non relu

NAPOLÉON A EINEENSTEIN. - OPÉRATIONS MILITAIRES I

Au mois de mars, Napoléon décida le siège de Danzig et en confia le soin au maréchal Lefebvre, qu’il voulait avoir l’occasion de récompenser. Mais ses ennemis tenaient autanL que lui à Danzig : à l’abri de ses murailles ils pouvaient effectuer un débarquement et pousser sur la gauche française une très redoutable attaque ; une dernière tentative anglo-suédoise sur la Yistule, combinée avec une offensive des Russes sur la Prégel, aurait mis peut-être Napoléon dans l’embarras. Les alliés ne s’entendirent pas, et ce malentendu acheva de compromettre l’alliance ; il y a peu d'amitiés, entre les peuples, comme entre les hommes, qui survivent aux revers ; ils préfèrent la communauté des victoires. Les Français purent conduire le siège de Danzig presque sans être dérangés.

La place était commandée par le feld-maréchal Kalkreuth. Sa défense s’appuyait surtout sur le fort de Weichselmunde, entre la ville et la mer, capable de couvrir un débarquement ou du moins de tenir à longue distance les lignes d'investissement. En fait, Danzig ne fut pas enfermé de ce côté par les assiégeants et resta en communication avec la haute mer. Comment les ennemis de Napoléon n’en ont-ils pas mieux orofité ?

Aussi fallut-il de longs jours au maréchal Lefebvre pour ’approcher en bonne place pour l’assaut. Napoléon s’impaienta fréquemment, d’autant plus que le maréchal n’écriait pas volontiers et que ses billets trop laconiques ne donîaient que des renseignements très incomplets. La tranchée ut commencée dans la nuit du Ier au 2 avril. Le feu ne fut ouvert que le 2 3 avril, et de trop loin encore pour être bien flicace.

Alors enfin les ennemis firent une petite diversion, au ommcnccment de mai, c’est-à-dire seulement près d’un mois près l’effort des Suédois sur la Peene. Était-ce donc pour onner au maréchal Mortier le temps de venir de l’Oder à la istule? Le 12 mai, soixante petits bâtiments débarquèrent, à abri du fort de Weichselmunde, une petite armée de

à 10000 hommes, commandée par le lieutenant général ïamenski, fils du feld-maréchal russe. A quoi pouvaient-ils

l.A POLITIQUE ORIENTALE DE NAPOLÉON

être utiles? Pas meme à retarder la prise de la ville. Ils r purent même pas prendre position à l’aise le long du rivage Pannes rapprocha sa gauche, Mortier arriva de l’ouest ave toutes ses troupes : par mesure de précaution seulement, ci le i5 mai la division Oudinot suffit à rejeter les Russes soi le l'eu du fort, après leur avoir fait i 3oo tués, i 5oo blesse et 200 prisonniers.

Quelques jours après, les Français prirent encore le San: Peur, « belle corvette anglaise doublée en cuivre, de 24 c; lions, montée par 120 Anglais, chargée de poudre et de boi lets ». Lefebvre put achever tranquillement ses dernièri approches. Bientôt la tranchée atteignit la ville. Quelqui bombardements pratiquèrent les brèches nécessaires. L’assai fut préparé. Le 21 mai, Kalkreuth demanda à capituler. I 2G mai, les troupes du maréchal Lefebvre entrèrent à Dai zig, et le lendemain le fort de Weichselmunde leur fut remi billes y trouvèrent de très abondantes ressources, 800 pièc de canons, de vastes magasins tout pleins, Sooooo qui) taux de grains, des caves immenses, de grands approvisio: nements de drap et d’épicerie. Napoléon ne dédaigna pas c, richesses, ses soldats moins encore. Surtout il eut là u; place forte de premier ordre, soutenant sa gauche, comn Thorn couvrait son centre et Praga- Varsovie sa droit Toute sa ligne de bataille était solidement formée, droit s la frontière russe.

C’est pourquoi il donna un grand éclat à la publicatù de ce succès, — ses bulletins étaient un des éléments de stratégie, en exaltant ses victoires, atténuant ses échecs ; -j dans le 77e bulletin de la Grande Armée, il fit, avecquelq complaisance, de la prise de Danzig, « le premier, le plus be. fruit de la victoire d’Eylau ». Lefebvre fut créé duc Danzig ; des domaines furent mis en vente dans les pays . Parme et de Plaisance pour acheter à son intention, sur; | bords de la Loire, de la Seine ou de la Saône, quelq- : propriété de 100000 francs de revenu, avec une belle liai ■; talion. Les évêques reçurent l’ordre de faire chanter le ï Deum dans toute l’étendue de l’Empire. Et ce n’était q: l’annonce d’exploits plus grands ; car la marche en ava^ï

Page 1