Cf. Arch. Nat., AF, IY, 1G
LE TllAITÉ DE F1NKEXSTEIN
puis par M. de La Blanche, un neveu de Talleyrand, secrétaire d’ambassade à Constantinople, envoyé en Perse par Sébastiani, comme pour y prolonger vers l’Orient l’influence française alors établie sur le Bosphore. C’était comme la première esquisse de la mission Gardane.
Feth-Ali accueillit très favorablement M. de La Blanche, se déclara prêt à marcher contre les Anglais de l’Inde, si Napoléon le désirait. Un jour il raconta à l’envoyé français un rêve qu’il avait eu : il avait une entrevue avec Napoléon, et l’embrassait tendrement. La Blanche répondit qu’une telle entrevue pourrait avoir lieu, si Feth-Ali le voulait, au milieu de la Russie. « Pourquoi, dit le schah, Napoléon ne met-il pas un de ses frères sur le trône de Russie ? Nous serions amis et voisins. — Il mettra peut-être son frère Jérôme sur le Irône de Pologne. — U vaudrait mieux lui donner la Russie, ou la partager entre la France, la Turquie et la Perse1. » Pour hâter la réalisation de ces rêves, le schah envoya en Pologne son ambassadeur extraordinaire, Mirza-Riza khan, qui trouva Napoléon décidé à une alliance formelle avec la Perse. En effet l’Empereur concevait alors les services (pie la Perse pouvait lui rendre et y portait son attention. Le Moniteur du 2 avril en témoigne : les troupes du schah de Perse se sont avancées dans le khorassan jusqu’à l’Oxus, ont enlevé Merv, à cinq journées de Boukhara, et soumis tout le pays jusqu’aux frontières de l’Inde. Abbas-Mirza a battu les Russes et est arrivé à quatre journées de Tiflis. Les Russes ont fait des propositions d’accommodement : Feth-Ali a répondu que, tant que le grand empereur de France, son ami et son allié, serait en guerre avec les Russes, ceux-ci ne devaient espérer de la Perse ni paix ni trêve. « Celte suite de succès obtenus sur tous les points de l’Empire donne à la Perse un nouveau degré de splendeur et de puissance ; l’union la plus parfaite règne d’ailleurs entre toutes ses provinces, et elle peut porter de nouvelles forces contre ses ennemis. »
La pensée de Napoléon en eflet se précise. Il écrit, le 3 avril, au schah, qu’il a battu beaucoup de Russes venus des