‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 93 sur 201 · Id., id., Sébasliani à Tallej-rand, 17 juin · texte numérisé non relu

Id., id., Sébasliani à Tallej-rand, 17 juin

leur laissassent aucune espérance d’accord avec la Porte. Il les rédigea lui-même avec le muphti. A Sir Paget, il était déclaré qu’il ne serait pas reçu par le sultan avant l’évacuation de l’Egypte et de toutes les stations occupées par les Anglais en deçà de Malte, que d’ailleurs tous arrangements ne pouvaient être discutés par la Turquie que conjointement avec la France. Pozzo di Borgo reçut une déclaration encore plus vigoureuse : « La Sublime Porte aimerait mieux s’ensevelir sous les ruines de la patrie que de conclure encore des traités semblables à ceux qui lui ont été jusqu’ici extorqués par la violence. En conséquence, elle exigeait que la Russie ne se mêlât plus de l’administration de la Moldavie et de la Valacbie, ni des affaires de commerce ou de culte des sujets rayas du sultan, en un mot d’aucune des affaires intérieures de la Turquie, qu’elle restituât la partie usurpée de la Géorgie, qu’elle évacuât la République des Sept-Iles1. »

La Porte faisait donc preuve des meilleures dispositions à i l’égard de la France. Mais elle voulait être rassurée sur les intentions de Napoléon. Sébastiani donnait les meilleures paroles. Cependant il craignait de prendre des engagements qui seraient ensuite désavoués. Il se plaignait de n’avoir pas de nouvelles : « Le manque de lumières, écrivait-il à Talleyrand, me met dans une position dont Votre Excellence concevra facilement le désagrément et redouble le désir que j’ai de quitter le pays2. » En même temps il donnait de bons renseignements sur le nouveau gouvernement : « Sultan Mustapha admire Sa Majesté. Sultan Sélim est bien portant; il est souvent consulté par le nouveau sultan ; il est résigné, et même il s’applaudit de ne plus être à la tête des affaires 3. » !

Tous les nuages qui s’étaient formés entre la France et la Turquie, lors de la Révolution de mai, étaient donc dissipés par la bonne volonté de la Turquie. Le 26 juin, le reis-efifendi adressai t à T alleyrand les lettres les plus amicales ; il espérait que les liens déjà formés entre les deux nations alliées se resser-

1. Aff. étrangères, Corr. de Turquie, 28 juin, Sébastiani à Talleyrand.

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