ORGANISATION DÉMOCRATIQUE DE L'ABMÉB
peuples qui se retrempent dans le sang versé. Ah ! cette paix armée, c'est une guerre écœurante, une guerre énervante ; ces soldats que vous laissez dans les casernes ne font que s'y énerver, tandis que sur les champs de bataille ils grandissent. (Approbation & la gauche do l'orateur.)
Je le déclare donc, la loi que vous présentez est la pire des lois.
Si vous étiez venus nous dire : « Il faut faire la guerre, donnez-nous des hommes, » eh bien ! malgré vos fautes passées (Rumeurs.), nous en aurions peut-être subi les conséquences. Mais nous déclarer qu'on ne fera pas la guerre, et nous demander toujours, en hommes et en argent, les sacrifices que la guerre exige I Nous cherchons, et nous cherchons avec une anxiété patriotique comment, devant cette exigence éternelle nous pourrons faire face aux nécessités les plus urgentes du pays, doter l'instruction, encourager l'industrie, diminuer les impôts. Nousne le irovLYons jamais, parce qu'il y a aussi un jamais au bout de votre proposition ; tandis qu'au moins la guerre est une chose qui passe vite, et, si triste qu'elle soit, elle laisse après elle une espérance. (Rumeurs. — Approbation à la gauche de l'orateur.)
Nous demandons avec la dernière énergie qu'on adopte notre contre-projet, car avec lui la France sera invincible chez elle, à l'abri de l'invasion ; elle n'aura à craindre ni envahisseurs du dehors, ni prétoriens du dedans. Nous demandons que la nation soit armée tout entière, que l'armée permanente soit à jamais supprimée. (Vive approbation et applaudissements à la gauche de l'orateur.)