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PRÉFACE XXXIX

n'ont pas d'intérêt. Quand on se trouve uni à de vrais Catholiques, on est toujours certain d'avoir pour adversaires tes ennemis directs de

prit. Analysanc le roman posthume de Fogazzaro, le très ennuyeux auteur du Santo auquel Leïla fait suilc, M. Paul Souday terminait par ces réflexions caractéristiques :

» On ne fait point ici de théologie et l'on ne se donnera pas le ridicule d'évoquer le procès du modernisme. Notons pourtant, à un point de vue exclusivement profane, que le bon Fogazzaro relardait, avec sa supersliiion de la Science et du Progrès et sa manie de les miler à tout. Les questions métaphysiques et religieuses ne sont pas du même ordre que les questions scientifiques ; et d'ailleurs celles-ci comportent presque autant d'incertitudes. Fogazzaro s'est beaucoup préoccupé de concilier la Genèse et la théorie de l'Évolution qu'il croyait démontrée et désormais inébranlable. Celle théorie n'est pourtant qu'une hypothèse, et l'autorité de Darwin, déjà fort menacée, ne durera probablement pas autant que celle du Pentaleuque. Fogazzaro professait une admiration un peu simpliste et béate pour la vie moderne; il en avait plein la bouche et ne larissail pas sur la nécessité d'adapter le catholicisme à cette vie moderne si précieuse. Quel enfantillage !

« Ce temps présent est mêlé de bon et de mauvais : au total, assez plat et bien inférieur à quelques antres. A quel titre lui attribuer un privilège et juger insuffisante pour lui une religion qui a suffi à Bossuel et à Pascal? L'impulsion automatique des naïfs et des ignorants exaile leur époque pardessus toute aulre, parce qu'ils ne connaissent point les époques antérieures el parce que celle-ci a la supériorité de les avoir produits au jour. C'est un réflexe élémentaire que de croire au progrès, depuis 1rs origines jusqu'à nous. La doctrine du progrès n'exige un effort que lorsqu'il s'agit de l'étendre impartialement el prophétiquement aux générations qui viendront après nous. Les amoureux du passé peuvent tomber dans quelques excès : leurs préventions s'appuient du moins sur une sérieuse culture, une imagination vivace, el un sens critique aiguisé qui leur a permis de juger leur siècle à rencontre de l'instinct. Ils s'élèvent à concevoir que

XL PRÉFACE

tout ce que chérit le meilleur de chacun de nous. Mais, d'autre part, ces catholiques ne peuvent faire autrement que de découvrir, au premier rang des ennemis qui sont communs au catholicisme et à nous, les principes, les intérêts, les hommes qui composent le régime républicain. L'esprit de ce régime est pétri d'individualisme révolutionnaire; son personnel est agité de grands intérêts religieux, qui sont tout à la fois anticaiholiques et exlranalionaux... Si la République est « devenue » « la guerre à

ce qui esl caractéristique d'un siècle, moderne ou ancien, n'a que peu de valeur, el que l'important est ce qui dure. Le catholicisme a, sur les idées auxquelles Fogazzaro sait si bon gré d'être modernes et qui demain peut-être auront passé, la supériorité de ses dix-neuf cents ans d'existence. Bien loin de vouloir le modifier pour le mettre à la mode, on peut penser que son principal attrait réside au contraire dans son immuable pérennité. Bien loin de le subordonner au siècle, on a le droit de l'aimer par contraste et comme un refuge contre le siècle. Un Veuillol, par exemple, est un écrivain catholique autrement passionnant qu'un Fogazzaro. Allons plus loin : un Huysmans même a plus de saveur. Pour tout dire, à V 'opportunisme ambigu el fade des modernistes, il esl loisible de préférer, par simple goût des belles choses réalisant la plénitude de leur type, soit la netteté de la pure libre pensée, soil la splendeur traditionnelle du catholicisme intégral. »

Indépendamment de leur portée intrinsèque, ces paroles donnent une idée de ce qui se pense sur le catholicisme chez beaucoup d'incroyants. Les sympathies de la « libre pensée « ont finalement abandonné le protestantisme ainsi que le libéralisme, son succédanr. Il y a lonqlemps que nous annoncions celte, métamorphose de l'opinion. Ne soyons plus si pessimistes ! Une aube se fait peu à peu.

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