‹ La Politique religieuseChapitre 54 sur 92 · Est-il indispensable de rappeler que, dans les « diable · texte numérisé non relu

Est-il indispensable de rappeler que, dans les « diable

qui m'engageaient du même côté de la barricade que les plus résolus défenseurs de la foi, je ne négligeai point d'acquitter la dette d'honneur envers la vérité, en prévenant toute erreur publique sur mes croyances.

Que pouvais-je de plus?

Je m'étais d'ailleurs posé la question de droit et la question, plus délicate encore, des convenances : devais-je me mêler à la défense religieuse? Le démocrate déterminé qui dirige le Correspondant sera, je pense, le premier à reconnaître que c'était là pour moi une obligation rigoureuse, découlant de la constitution de 187f>; un fait d'abstention aurait équivalu de ma part ù l'abdication. La politique religieuse décrétée par Ma Majesté d'Électeur Français ayant toujours été catholique, je l'ai soutenue à proportion qu'on la combattait, voilà tout. Jadis, je l'exprimais sur le ton du détachement : cela tenait à la paix relative de l'époque. Elle a trouvé plus tard une expression plus digne de la sainteté de l'Église : raison, l'Église était persécutée. Qu'il soit permis de plaindre qui serait mécontent de cette explication.

Au surplus, ce n'est point d'il y a deux ans, ce n'est même point d'il y a quatre ans, c'est des

ries» de mon livre Le Chemin de Paradis (1894), il est question delà merveille du missel et du bréviaire, honneur philosophique de l'Église, du cortège savant des Pères, des Conciles, des Papes et de tous les grand'; hommes de l'élite moderne..., etc.? — Noie de 1912.

premiers éclats de la politique antireligieuse, sous Waldeck, en. 1902, que date ce mouvement. Il fut, de ma part, spontané. Mais depuis, nous y avons été conviés — incroyants, libertins, mécréants, païens, athées mêmes — par Celui qui s'occupe de rallier à ses fidèles tous les honnêtes gens et tous les bons Français. Je tiens à rappeler ce que disait cette touchante et pénétrante voix de Rome en nous appelant : « Tous, disait-elle, tous tant qu'ils sont, et les catholiques et ceux qui ont au cœur le simple amour du juste et de l'honnête pour le bien commun et pour la prospérité de leur patrie (Allocution au Consistoire, 15 avril 1907). » Plus anciennement, avaient été pressés, avec la même autorité suppliante et de ce même accent véritablement paternel, « non seulement ceux qui en France sont catholiques et pour lesquels défendre l'Église est un devoir, mais encore lous ceux qui veulent la paix et la tranquillité publique; afin que. tous unissent leurs efforts pour épargner à leur patrie un si grand désastre (Allocution au Consistoire, 27 mars 1905) ».

suite des réponses au Correspondant

Lorsqu'il lit notre histoire, lorsqu'il suit notre mouvement et qu'il concentre sur un seul ce qui fut le mérite et l'honneur de tous, M. le Directeur du Correspondant est bien obligé de confesser que nous ne sommes pas de trop méchantes gens. Mais vient-il à nous lire, la rigueur de notre formulaire lui fait oublier tout ce qu'il a vu et dit; il n'est plus frappé que d'un tort : nous nous gardons de dénommer bases de la société ou principes de l'ordre ces très bons sentiments dont l'expression encombre les débats oratoires ou les placards électoraux, et voilà que, par le plus curieux des sophismes d'inadvertance, il se croit fondé à conclure que nous enseignons à mépriser ces vertus individuelles, ou à s'en abstenir, ou même à les combattre.

Dans son empressement à juger et à condamner, M. le Directeur du Correspondant ne se demande même point si nos amis ne seraient pas du

Page 1