‹ La politique universelle, decrets de l'avenirChapitre 71 sur 94 · XXI. — SÉQUESTRATION, OPPRESSION BT DÉPENDANCE DE LA FEMME · texte numérisé non relu

XXI. — SÉQUESTRATION, OPPRESSION BT DÉPENDANCE DE LA FEMME

Grecs. — Dans la plupart des villes de la Grèce, les femmes, considérées comme les pupilles de leur mari et souvent de leur fils, habitaient la partie la plus retirée de la maison, et leurs parents seuls y pouvaient pénétrer. Elles ne pouvaient sortir de cet isolement sans que leur honneur en souffrît, ainsi que l’atteste l'histoire d’Antigone.

Romains. — A Rome, le soin que les Romains prenaient de la réputation de leurs femmes était poussé si loin, qu’il leur avait fait inventer une sorte de chaise vitrée, où elles se tenaient dans leur chambre. Elles travaillaient dans ces chaises et recevaient de là ceux qui leur venaient faire visite.

Hindous.— Une femme doit être gardée dans son enfance par son père, dans sa jeunesse par son mari; en cas de mort de son mari, par son fils, et n’est libre dans-aucun temps. (Dharma sâstra. 1. v. st. 48.)

•Turcs. — On sait à quelle séquestration sont condamnées les femmes dans le harem. Le seul homme qui puisse y pénétrer est le médecin, et encore ne voit-il la malade pour laquelle les secours sont réclamés qu’entièrement couverte d’un voile.

Chez les Hébreux, la femme ne comptait qu’après les animaux dans le partage du butin.

L’Hébreu avait le droit de vendre à ses créanciers les filles ue ses femmes légitimes.

Le créancier qui avait ainsi reçu en payement les filles de son débiteur, et le plus souvent ses propres nièces, en disposait comme de ses esclaves.

Une femme ne s’appartenait pas, mais appartenait au plus proche parent qui voulait l’épouser. L’homme qui violait une fille vierge en était quitte pour l’épouser, mais la fille vierge et fiancée qui était violée dans une ville était lapidée, parce que, disait-on, elle aurait dû appeler à son secours.

A Rome, le mari était juge absolu des actes de sa femme ; il pouvait la répudier à volonté, la reprendre, la prêter à son ami, la juger en famille, la tuer môme pour avoir bu du vin. La loi le voulait ainsi. Il n'usait pas toujours de la permission, mais parfois il la faisait fouetter si rudement par ses affranchis, (pie la malheureuse en mourait. Ainsi mourut Rhegilla par l’ordre d’Hérode Atticus.

Les Gaulois avaient droit de vie et de mort sur leurs femmes.

« Aux Vieilles-Indes, jamais la femme ne put obtenir l’honneur de manger avec son mari. Dans la jeune Océanie, à Noukahiva, aux îles Washington, non-seulement les femmes ne peuvent prétendre à celle faveur, mais il y a

des mets permis aux hommes et absolument interdits aux femmes. En Nubie, pour oser toucher à la tasse ou à la pipe de son mari, la femme est rudement châtiée. Dans le royaume de Loango, pendant le repas de son seigneur, la femme se tient debout à l’écart, et c’est en s’agenouillant qu’elle lui adresse la parole. Par toute la Nigritie, les soins de l’allaitement, la préparation des aliments et des légumes, les soins du foyer, l’entretien du vêtement ne sont comptés pour rien ; c’est encore à la femme de cultiver le tabac, d’extraire l’huile du palmier, de broyer le millet, de fournir la case d’eau et de bois. Tandis que son mari dort nonchalamment, elle doit le garantir avec respect de la piqûre des mouches. Dans les marchés, les fardeaux lui sont échus de plein droit.

« LesGallas laissent leurs femmes labourer, serfier, faire la moisson, battre et recueillir le grain. Même condition imposée à la femme dans le Congo, la Guinée, la Sénégambie, le Bénin, à Bournou, à Bambara, aux côtes d’Ajan, de Zanguebar, à Melinde, dans le Mataman et dans la Cafrerie.

« En Amérique, aux États-Unis, à l’époque où les envoyés des peuplades, dont les visages pâles achètent annuellement la paix par des présents, retournent à leurs nomades foyers emportant leurs tributs, on voit une foule de pirogues remonter le fleuve majestueux. Les hommes fument paisiblement leur calumet, couchés au fond de l’esquif que tirent à la cordelle les femmes portant à la mamelle leur enfant, et sur la tète les outils, les ustensiles, les instruments de pèche.

* Chez les Mohawks et, en général, dans les tribus des chasseurs, la femme est obligée d’aller chercher et de rapporter, comme un chien, le gibier qu'a tué le mari. Celui-ci, en le chargeant sur ses épaules, croirait déroger. Que ce soit un orignal ou un ours, la femme, aidée de ses compagnes, doit le rapporter du sein de la forêt à la case où se repose victorieusement son maître. Le mépris pour la femme est tel, que l’acte d’émancipation de l’enfant se constate sur la face et le dos de sa mère. Le jour où il a quinze ans, il doit l’insulter et la battre.

« Chez d’autres nations, chez les Yquiavates, la femme, en vraie bête de •somme, peut être échangée, vendue, brocantée au gré du mari, même tuée et mangée s’il la juge de bonne chair. » (Roselly de Lorgues. La mort avant /’ homme.)

Les Arabes, avant Mahomet, considéraient les femmes comme une propriété. Ils les traitaient en esclaves. Ils enterraient leurs filles vivantes.

« En Chine, le mari achète sa femme ; elle devient esclave ; il fournit la dot ; si l’époux a des soupçons sur la fidélité de sa femme il peut la tuer; il en est de même pour sa fille; la loi ne le poursuit pas. » (De Pauw. Recherches philosophiques sur les Chinois, 1. 1.)

Sous le régime du droit d’aînesse, il y a forte présomption et à peu près certitude que le premier-né de la femme sera l'œuvre du mari ; rien de plus logique alors que le fils hérite du nom et de la fortune du père.

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