X.— PROSTITUTION
La prostitution est à la polygamie ce que l'effet est à la cause. Sous le régime de la force et de la richesse, V homme ayant a lui seul plusieurs femmes, dans les pays où il n’y avait pas plus de femmes que d’hommes, le correctif naturel fut une seule femme pour plusieurs hommes.
La prostitution est à la polygamie ce que la polygamie est elle-même à la tyrannie.
C’est Solon qui le premier institua régulièrement des lieux de débauche et érigea un temple magnifique à Vénus populaire.
A Babylone, toutes les femmes sa?is exception étaient tenues de se prostituer une fois dans leur vie.
Chez les Lydiens, les filles n’avaient le droit de se marier qu'après avoir gagné leur dot par la prostitution.
Dans le Bengale, on marie tous les ans une jeune fille d’une beauté distinguée à la statue de Jaugrennat. Un brahmine s’introduit dans le temple à la faveur des ténèbres et consomme le mariage.
Il n’existe pas à Constantinople de lieux de prostitution : cela s'explique par le précepte du Coran qui prescrit aux hommes d’employer leurs biens à doter les femmes.
De nos jours et en Europe, qu'est-ce que la prostitution? c’est la beauté de la femme avilie par le bon marché. Relevez-en le prix, et la prostitution se tarira d’elle-même.
Le nombre des prostituées inscrites en France dépasse 42,600 ; c’est plus de 5 sur 1 ,000 femmes de 16 à 40 ans.
Sur 12,607 femmes inscrites à Paris, les villes en fournissent 8,641 ; et, de l’examen des actes de naissance, il résulte que toutes pour ainsi dire appartiennent à la classe des artisans ou sortent des ateliers industriels. Sur 7 de ces femmes, on a constaté qu’il y avait I fille naturelle.