‹ La politique universelle, decrets de l'avenirChapitre 92 sur 94 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

L’autonomie universelle, c’est la liberté limitée par la réciprocité; c’est la liberté absolue.

La propriété universelle, c’est le droit de conquête par le travail; c’est le travail glorifié; c’est l’oisiveté déchue; c’est la propriété légitimée par son origine et par ses oeuvres.

Le décime universel, c’est l’épargne individuelle élevée à sa plus haute puissance par l’épargne collective ; c’est la misère entretenue par la charité impuissante, abolie par le salaire suffisant; c’est l’abîme entre la pauvreté et le luxe comblé et nivelé par le bien-être.

Le douaire universel, c’est l’égalité des enfants devant la mère; c’est la fin du vieux monde et la naissance du monde nouveau; c’est l'homme ne valant plus par ses ancêtres, mais valant exclusivement par ses œuvres ; c’est la titillation héréditaire faisant place à l’illustration personnelle , le privilège de la naissance à l’univer-

salité de l’élection , l’aristocratie à la démocratie , et la république universelle à la monarchie séculaire.

La justice universelle, c’est la Justice arrachée à l’esclavage de la Politique et reprenant au-dessus de celle-ci le rang qui lui appartient; c’est la condamnation de la Force sous tous ses noms : guerres et conquêtes ; révolutions et dictatures; superstitions et nécessités; crimes et délits arbitraires; c’est la justice mutuelle vouant au blâme, au mépris, à l’exécration de chaque pays et de chaque siècle tout acte qui a blessé la conscience publique.

Le suffrage universel , c’est le Monde politique ayant trouvé son axe et l’ordre social ayant trouvé sa loi ; c’est le droit présumé de la capacité succédant au prétendu droit de l’hérédité; c’est, partout où il y a un intérêt collectif, l’intérêt du plus grand nombre administré par l’Élu du nombre le plus grand.

L’inscription universelle, c’est le contrôle réciproque des hommes par les choses et des choses par les hommes ; c’est l’ordre moral établi par l’ordre matériel ; c’est l’ordre durable fondé sur la publicité au lieu de l’ordre précaire maintenu par la compression.

La pacification universelle, c’est le risque de guerre anéanti par l’assurance mutuelle internationale et disparaissant de lui-même

comme disparaît un effet qui n’a plus de cause ; c’est la rivalité des produits succédant à la rivalité des territoires , l’art de produire remplaçant l’art de détruire; c’est le progrès apportant partout la liberté et la liberté accélérant partout le progrès; c’est le prix de revient réduit de tout ce que coûte le dispendieux entretien des armées permanentes ; c’est conséquemment pour moins de travail plus de bien-être.

L'assurance universelle, c’est l’association avec tous ses avantages sans les inconvénients de la communauté; c’est l’application de tous les progrès à l’anéantissement de tous les risques ; c’est le caprice destitué par le calcul ; c’est l’arbitraire remplacé par l’absolu ; c’est le mal traduit mathématiquement en risque dans l’ordre social comme dans l’ordre physique , le mal scruté et combattu non dans ses effets, mais dans ses causes; c’est, enfin, la répression, qui n’a jamais su inventer que des peines se réfugiant dans le passé et livrant l’avenir à la prévoyance, qui, de l’étude des probabilités, a réussi à faire une science exacte, science qui ouvre l’ère de la politique universelle, science dont les trois termes seront :

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