‹ La PologneChapitre 3 sur 14 · XIJ · texte numérisé non relu

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l'occasion de le repéter aujourd'hui !

Enfin, s'il y a la fraternité des homr mes dans l'unité du premier berceau; s'il y a la fraternité des chrétiens dans l'unité de la croix, il y a, dans un autre ordre d'intérêts et de destinées* la fraternité des nations. Quand deux peuples ont longtemps senti le lien d'une sympathie réciproque, fondée sur des raisons sérieuses d'intérêt et d'avenir, quand ils ont souvent compté l'un sur l'autre dans leurs bons et leurs mauvais jours, quand ils ont mêlé leur sang dans les mêmes combats, ces deux peuples sont frères dans Tordre des destinées politiques. Ils ont perdu le droit de se méconnaître.

Ils se doivent le secours de la parole et de l'épée ; non certes, contre la justice :

il n'y a point de bonne alliance contre

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la justice, et nul n'a de droit contre le droit; mais, ia cause étant pure devant Dieu, pour une nation comme pour un seul soldat, c'est félonie et déshonneur d'abandonner dans un mauvais pas un compagnon d'armes.

Or ai-je besoin de rappeler les liens qui rattachent la Pologne à notre France?

Quel Français ignore, ou pourrait avoir oublié, que les soldats de Poniatov^ski et de Dombrowski furent les plus fidèles comme les plus vaillants des compagnons de notre gloire, les derniers à nous couvrir la retraite dans l'heure de nos grands tlésastre?^? Quand Napoléon protestait à Sainte-Hélène que le but de l'expédition de Russie était la reconstitution du royaume de Pologne, il voulait cacher peut-être sous l'éclat de la

plus juste des causes le vertige le plus fatal de son ambition : il exprimait, dans tous les cas, un sentiment digne de la France et de l'immortelle gratitude qu'elle doit à la Pologne. Cette gratitude était si grande dans tous les cœurs, au lendemain de la retraite de Russie, qu'elle fut le premier sentiment des plénipotentiaires de Louis XVIIl au congrès de Vienne ; et que le prince de Talleyrand écrivait alors au prince de Metternich ces belles paroles : « De toutes les questions qui doivent se traiter au congrès... la première, la plus grande, la plus éminemment européenne, c'est celle de la Pologne.*, de son antique et com' plète indépendance *. »

i Lettre du prince de Tàlleyrand au prince de Mfetternich, du 19 décembre i814.

Ainsi parlait la France de i8i4. Voulez-vous reconnaître ou nier la dette de nos pères ?

Je demande pour des alliés^ fidèles à la France dans l'excès de ses malheurs, .jusqu'à leur propre ruine, — hélas!

non plus ce que je demandais hier, et ce qui eût été la gloire de notre histoire en ce siècle; — je demande tristement un lieu d'asile, et un secours dans leurs désastres, qui rappelle leur dévouement dans nos revers. Je quitte ici les raisons de la charité : je rencontre celles de la justice. J'ai sous les yeux des engagements pris par la France ; je tiens en main le titre authentique d'une dette d'honneur; je dis à des Français : Vous devez !

Mais un dernier souvenir me faitpro-

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noncer plus fortement cette grave parole. Ces héroïques alliés qui avaient le droit de compter sur nous, ont été poussés et maintenus sur leurs champs de bataille par nos exhortations et nos promesses. Provocations dignes de larmes, si elles pouvaient aboutir à faire massa^ crer un peuple! Promesses insensées, — nos ennemis diront perfides j — si elles devaient être suivies du plus cruel a bandon ! Dans une si grande affaire, il y a plusieurs sortes de coupables; mais, disons-le, nous TaVons tous été, même nous, les amis dévoués de cette infortunée nation, par notre imprévoyanbe et notre imprudence, quand, en mille ma-^ nières, nous avons suscité en elle d'inutiles et fatals prodiges.

iNous ne saurons jamais avec quelle

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