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POLOGNE
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4, fl
D 20 e SENS RAR
CIRIS ACL /
JEAN TARNOWSKI.
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Quelest'le voyageur polonais qui n’a pas visité :
Tarnow, ce berceau antique d'une famille puissante et guerrière ? — S'il est sensible aux beau-
tés de la nature, sa vue a dû être frappée du ta-.
bleau magnifique qui se déploie devant lui quand
il est parvenu au sommet de la montagne de.
Saint-Martin. La ville repose à ses pieds, et plus Hoin, vers l’ouest, s'élèvent les tristes débris d’un
château fort que des rois habitaient jadis, que de nombreux guerriers se disputaient entre eux, et que ia main du temps a brisé comme un faible jouet et qu'elle a jeté sous les pieds du passant. Une plaine immense, entrecoupée de jolis villages, s'étend vers le nord ; et du côté du midi, la vue s'arrête sur une chaine de collines qui se recourbe vers l’ouest et que dominent, dans le
lointain, les sombres et gigantesques contours des Karpates. Du côté de l'occident, la Biala roule
ses flots inconstants sur une plaine verdoyante, à travers les nombreux massifs qui égaient le paysage ; enfin, du côté opposé, le village pitto-
resque de Gumniska laisse entrevoir les formes
élégantes de son palais et les contours gracieux de son jardin français. Quard les vapeurs du ma-
tin recouvrent comme d’un voile mystérieux toute :
cette belle contrée ; quand le son matinal de la
cloche de l'antique petite église de Saint-Martin vibre dans les airs, que de nobles souvenirs, que : de sentiments divers oppressent le cœur du pè-
lerin polonais !— Il cherche avidement autour de lui les traces de la demeure des seigneurs de
Tarnow..….. Pas une pierre marquante, pas un | fragment de colonne, ni d’écusson aux armes sei:
gueuriales, n'indique la noble résidence ! même les chétifs débris qu'a retracés, il y à trente ans, le crayon de notre célèbre Vogel, ont déjà disparu. Quelques pans des murs d'enceinte, quelques monceaux de briques, voilà tout ce qui reste aujourd'hui; encore quelques années de plus, il n’en restera rien que le souvenir ! —Et pendant que la coupable insouciance des propriétaires et la haine spéculative des dominateurs étrangers, plus encore que la force du temps, détruisent
l'œuvre de la puissance humaine, la petite église |